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Présidentielle 2007

Le premier tour à New York

Bureau de vote au consulat français de New York. 

		(Photo: AFP)
Bureau de vote au consulat français de New York.
(Photo: AFP)

«Qu’est-ce que c’est cette exposition ?» demande une Américaine à la vue de la longue file qui s’est formée sur la Cinquième avenue. «Ce sont les Français qui vont voter», lui répond t-on dans la queue. Dans l’entrée des services culturels de l’ambassade de France, face à Central Park, la statue de Michel Ange contemple José Bové et Nicolas Sarkozy. A l’étage, dans un des bureaux de votes, un des bénévoles fait un pas en arrière et regarde les piles de bulletins. «Il faut qu’elles soient toutes à la même hauteur, et là j’ai l’impression que celles de Sarkozy et Bayrou sont un peu plus basses.» Ce ne serait pas très étonnant, traditionnellement les Français de l’étranger votent plus à droite que ceux de métropole. Au premier tour de 2002, ils avaient été 30,5 % à voter pour Chirac, contre 19,8 en France.


De notre correspondante à New York

«Il y a autant de Français que ça à New York ?», dit une petite fille en robe rose à sa mère devant la file qui s’étire de la 78e à la 77e rue. Entre 2002 et 2007, dans la circonscription de New York, le nombre de Français inscrits sur la liste électorale du consulat a bondi de 15 000 à 19 000. Le nombre de bureaux de vote à New York a doublé. Pour l’ensemble des Français de l’étranger, la hausse est encore plus spectaculaire : 821 600 Français sont inscrits pour voter de l’étranger, presque deux fois plus qu’en 2002, représentant l’équivalent du huitième département français.  

Nouveaux efforts

Vote des Français de New York. Les inscriptions sur la liste électorale du consulat ont bondi de 15 000 à 19 000. 

		(Photo: Guillemette Faure/RFI)
Vote des Français de New York. Les inscriptions sur la liste électorale du consulat ont bondi de 15 000 à 19 000.
(Photo: Guillemette Faure/RFI)

C’est la raison pour laquelle ces électeurs hors de France ont été bien plus courtisés depuis l’entrée en campagne, avec tracts des campagnes distribués à la sortie des spectacles français, messages spéciaux sur les sites des candidats et surtout des emails de la plupart des candidats. François Bayrou a été le premier à tirer, avec une lettre assurant aux Français de l’étranger que s’il était élu, ils pourraient élire au suffrage universel leurs représentants à l’assemblée nationale. Le lendemain, Nicolas Sarkozy a réagi. «Vous êtes les sentinelles de notre pays», leur a écrit le candidat de l’UMP leur proposant l’allongement des délais de déclaration et de paiement des impôts, et la prise en charge par l’état des frais des scolarités des enfants dans les lycées français de l’étranger (soit près de 16 000 dollars dans une ville comme New York). Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen ont aussi envoyé leurs courriels.

Pluie de courriels à l’étranger

Les électeurs n’ont pas toujours apprécié la nouvelle pratique. «Comment avez-vous eu mon adresse ?» a répondu à chacun d’entre eux un jeune étudiant français. Il attend encore sa réponse. «Depuis toujours le code électoral français prévoit que les listes soient mises à disposition des candidats. Ce sont des listes d’adresses ordinaires. Pour les français de l’étranger, l’assemblée des Français de l’étranger s’est battue auprès de la CNIL pour que leur adresse email fasse partie des adresses », explique Jean Lachaud, membre de l’assemblée. Parce qu’il sait que certains ont grincé des dents lorsque des courriers des candidats sont tombés dans leur boite à mails, il précise que «pour obtenir cette liste, il faut s’engager à ne pas en faire une utilisation commerciale».



par Guillemette  Faure

Article publié le 22/04/2007 Dernière mise à jour le 22/04/2007 à 08:30 TU

Audio

Pierre-Yves Dugas

Correspondant de RFI à Washington

«Il y a un petit embouteillage à Washington devant l'ambassade de France...»

[22/04/2007]

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