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Algérie / France

Le pari de l’Union méditerranéenne

par  RFI

Article publié le 05/12/2007 Dernière mise à jour le 05/12/2007 à 15:52 TU

Bain de foule des présidents algérien Abdelaziz Bouteflika (D) et français Nicolas Sarkozy, ce 5 décembre 2007, avant son retour en France. (Photo : Reuters)

Bain de foule des présidents algérien Abdelaziz Bouteflika (D) et français Nicolas Sarkozy, ce 5 décembre 2007, avant son retour en France.
(Photo : Reuters)

En terminant sa visite d’Etat de trois jours en Algérie,   Nicolas Sarkozy s’est déplacé mercredi à Constantine, dans l’est du pays, où il a prononcé un long discours devant les étudiants de l'université de Mentouri. En présence du chef d’Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, le président français a de nouveau dénoncé le système colonial, « injuste par nature », mais il n’a pas présenté d’excuses pour les crimes commis pendant la colonisation française de l’Algérie (1830-1962). L’élément dominant de ce discours de Nicolas Sarkozy a été, sans doute, son «pari » en vue de la construction de l’Union méditerranéenne.

Le président français a ainsi proposé à l’Algérie de construire, avec la France, l’Union méditerranéenne : « comme la France offrit jadis à l’Allemagne de construire l’Union de l’Europe, la France est venue aujourd’hui proposer à l’Algérie de bâtir l’Union méditerranéenne ». Nicolas Sarkozy a rappelé que « c’est parce qu’il y a tant de douleurs à surmonter que ce que firent le chancelier Adenauer et le général de Gaulle eut une telle importance pour l’Europe. C’est parce qu’il y a tant de douleurs à surmonter que ce que vont faire ensemble l’Algérie et la France a tant d’importance pour ce qui va advenir de la Méditerranée ».  

Nicolas Sarkozy

« Depuis l'indépendance de l'Algérie, nos deux pays ont entrepris de bâtir une relation enfin dégagée de l'injustice profonde du système colonial... Nous sommes prêts à regarder en face cette partie de l'histoire sans tabous, y compris dans ce qu'elle a de plus sombre. »

écouter 1 min 17 sec

05/12/2007 par Mouna El Banna

Dans ce quatrième discours prononcé en Algérie, Nicolas Sarkozy a tenu, également, à dénoncer l’intolérance religieuse : « Les fautes et les crimes du passé furent impardonnables, mais c’est sur notre capacité à conjurer l’intolérance, le fanatisme et le racisme qui préparent les crimes et les guerre de demain que nos enfants nous jugeront ». Le président français a une nouvelle fois dénoncé l’antisémitisme qu’il a qualifié de « crime contre tous les hommes et crime contre toutes les religions ». Il a également condamné l’islamophobie, répondant ainsi aux propos antisémites du ministre algérien des Anciens combattants, Mohamed Chérif Abbès.

Nicolas Sarkozy a également adressé des appels pressants aux différentes parties en conflit au Proche-Orient, pour qu’elles saisissent les chances de paix : «Je lance un appel à l’islam de progrès, pour qu’il reconnaisse au peuple d’Israël le droit de vivre libre. (…) Un appel aux dirigeants du peuple israélien pour qu’il n’inflige pas au peuple palestinien la même injustice que celle qu’il a subie lui-même pendant des siècles ».   

Nicolas Sarkozy

Président français

« Nous devons continuer à peser de tout notre poids, Français et Algériens pour aider à la relance d’une véritable dynamique de paix qui permette au peuple palestinien de réaliser son droit à un Etat indépendant... ».

écouter 0 min 50 sec

05/12/2007 par Mouna El Banna

Lors de cette visite à l’université Mentouri les étudiants scandaient « one, two, three, viva l’Algérie ! » et « Bouteflika ! Bouteflika ! », sans prononcer le nom du président français. Mais Nicolas Sarkozy et Abdelaziz Bouteflika ont eu droit, ensuite, à un véritable bain de foule en sortant de l’université, en plein centre de Constantine. Cet accueil chaleureux contrastait avec la froideur enregistrée lors des deux autres journées de sa visite d’Etat.    

De retour à Paris, Nicolas Sarkozy devait recevoir au palais de l'Elysée les représentants d'anciens combattants de la guerre d'Algérie, rapatriés et harkis, à l'occasion de la journée de commémoration officielle et d'hommage aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.

Avec notre correspondant à Constantine, Amar Ben Salem

Nicolas Sarkozy a reçu un accueil « bon enfant » par les milliers d’étudiants qui ont été tout de même frustrés de n’avoir pu suivre, en direct, le discours du président Sarkozy, dans l’auditorium de l’université Mentouri de Constantine. Ils sont restés massés à l’extérieur de cet auditorium qui ne pouvait pas tous les contenir.

Le président français a choisi de s’adresser aux étudiants et cela dans l’enceinte de l’université de Constantine, parce qu’en substance a-t'il dit, « la jeunesse tient dans ses mains une partie du destin d’une grande civilisation, parce que l’université incarne pour tous les hommes l’esprit de résistance, l’esprit de conquête et de dépassement de soi ». En s’adressant à cette nouvelle génération, à Constantine, l’élite de demain en quelque sorte, le président Sarkozy n’a pas éludé l’histoire, en rendant un hommage appuyé à la résistance de la ville de Constantine en 1837. Il a également évoqué la sanglante journée du 20 août 1955  estimant que ce soulèvement était le produit de l’injustice, que depuis 100 ans, le colonialiseme avait infligé au peuple algérien.

Nicolas Sarkozy est même remonté dans le temps, pour rendre hommage au cheikh Abdelkader et rappeler par ailleurs que Constantine que l’on appelait : « la Jérusalem du Maghreb » abritait la communauté juive la plus importante d’Afrique du Nord. Il a aussi plaidé pour le dialogue des civilisations en dénonçant encore une fois, le racisme, l’antisémitisme, et l’islamophobie. Au plan bilatéral, Nicolas Sarkozy a indiqué que l’Algérie et la France décideront ensemble d’une politique d’immigration et par ailleurs, il a proposé au président Bouteflika la création d’une université commune franco-algérienne.

Nicolas Sarkozy

Président français

« Nous nous sommes combattus en Europe jusqu’à l’extrême limite de l’horreur. Et pourtant, nous nous sommes pardonné. L’Union de la Méditerranée, je ne l’ignore nullement, c’est un pari et c’est un défi, un pari dicté par l’idéal autant que par la raison ».

05/12/2007 par Mouna El Banna

Claude Goasguen

Ancien ministre et député UMP

« Nicolas Sarkozy a fait ce qu'il fallait faire. Il n'est pas allé jusqu'à la repentance, il a ouvert le travail de mémoire,... Les Algériens voulaient que soient réglés les problèmes de visas, il n'a pas cédé... ».

06/12/2007 par Valérie Gas

Claude Bartolone

Député PS

« Je ne sais pas s'il a trouvé les mots justes. En tout cas... pour les trouver là bas, il faut d'abord les trouver ici. La manière de mettre toujours en avant les immigrés, en mettant systématiquement le lien entre immigration et insecurité me paraît injuste... ».

06/12/2007 par Valérie Gas