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France

La mort du dernier poilu

par  RFI

Article publié le 12/03/2008 Dernière mise à jour le 12/03/2008 à 18:23 TU

Lazare Ponticelli lors de la cérémonie du 11 Novembre 2007 au Kremlin Bicêtre© <a href="http://dersdesders.free.fr/" target="_blank">Frédéric Mathieu</a>

Lazare Ponticelli lors de la cérémonie du 11 Novembre 2007 au Kremlin Bicêtre
© Frédéric Mathieu

Le dernier combattant français survivant de la guerre de 1914-1918, Lazare Ponticelli, est mort ce mercredi à l'âge de 110 ans. Un hommage national lui sera rendu lundi matin aux Invalides à Paris.

C'est l'Elysée qui a annoncé dans un communiqué ce mercredi la disparition de Lazare Ponticelli.

« J'exprime aujourd'hui la profonde émotion et l'infinie tristesse de l'ensemble de la nation alors que disparaît Lazare Ponticelli, dernier survivant des combattants français de la Première guerre mondiale », déclare le président Nicolas Sarkozy dans ce communiqué.

« Je salue l'enfant italien venu à Paris pour gagner sa vie et qui choisit de devenir Français, une première fois en août 1914, lorsque, trichant sur son âge, il s'engagea à 16 ans dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption. Une deuxième fois en 1921, lorsqu'il décida de s'y établir définitivement » ajoute le chef de l'Etat.

L'Elysée précise qu'un hommage national « à l'ensemble des Français mobilisés durant la Première guerre mondiale » sera rendu dans les prochains jours. Lazare Ponticelli avait, dans un premier temps, refusé des obsèques nationales, avant de revenir sur sa décision « au nom de tous ceux qui sont morts, hommes et femmes » durant la Première guerre mondiale.

Retrouvez la voix de Lazare Ponticelli, lors de sa dernière apparition publique fin 2007 :
 

Lazare Ponticelli : Anniversaire de poilu et mémoire d’immigré.

Reportage de Nina Hubinet à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) le 16 décembre 2007.



Une vie digne d'un roman

Né italien en 1897 dans une petite ville du nord de l'Italie, Lazare Ponticelli arrive à Paris en 1906 pour gagner sa vie, sans savoir ni lire, ni écrire ni parler français.

En 1914, dès le début de la Première Guerre mondiale, il s'engage dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption en trichant sur son âge. Il est envoyé sur le front à Soissons. En 1915, il se trouve près de Verdun lorsqu'on le démobilise. L'Italie vient d'entrer en guerre. Il doit alors rejoindre l'armée italienne pour combattre l'Autriche.

De retour en France en 1920, il fonde avec ses deux frères « Céleste et Bonfils », une société de fumisterie qui deviendra une multinationale dans le domaine de la maintenance industrielle.

1939 : c’est la Seconde Guerre mondiale. Il demande et obtient la nationalité française. Mais, jugé trop vieux pour le service actif, il est renvoyé à son entreprise. On estime que ses services seront plus profitables à l'effort de guerre. Ce qui ne l'empêchera pas de s'engager plus tard dans la Resistance.

Une vie, donc, consacrée à la France, mais il ne voulait pas de funérailles nationales Les obsèques nationales au Panthéon, toute sa vie il les a refusées. Mais il s'était rétracté il y a quelques semaines, à condition qu'elles soient simples et dédiées à tous les morts de la Première Guerre mondiale. Et qu’il soit enterré auprès des siens.