Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

RD Congo / Rwanda

L’ONU confirme l’arrivée de 4 000 soldats rwandais en RDC

par  RFI

Article publié le 21/01/2009 Dernière mise à jour le 21/01/2009 à 21:26 TU

« Selon nos observations entre 3 500 à 4 000 soldats rwandais se trouvent actuellement au Nord-Kivu » a déclaré, mercredi, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc). Ces militaires rwandais qui ont commencé à entrer mardi en territoire congolais doivent participer à une opération conjointe avec l'armée nationale congolaise, contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Ces éléments rebelles, présents depuis plus de dix ans dans la région, font partie des milices qui déstabilisent la zone orientale de la République démocratique du Congo (RDC). La classe politique de Kinshasa a commencé à s’exprimer au sujet de ces opérations conjointes, en principe sous le commandement des Forces armées de la RDC (FARDC).

La République démocratique du Congo. (Carte : Geoatlas)

La République démocratique du Congo.
(Carte : Geoatlas)


Apparemment, les forces rwandaises se sont scindées en deux colonnes principales : la première se dirige plein Ouest vers Masisi et l'autre a pris la direction de Rutshuru au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. On ne sait pas très bien sur le terrain comment les o

pérations contre les FDLR vont être menées. Les forces armées congolaises sont sensées intégrer des éléments du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), dirigés par Bosco Ntaganda, ainsi qu'une faction de combattants locaux, les Maï-Maï du mouvement des Patriotes résistants congolais (Pareco).

Dans ce regroupement, comment vont agir les 4 000 soldats de l'armée rwandaise ? Le porte-parole des forces armées de Kigali, major Jill Rutuaremara, a affirmé mercredi que les opérations contre les FDLR sont menées « sous le haut commandement » de l'armée congolaise. Selon cet officier, le Rwanda est venu prêter « main forte » à l'armée congolaise dans cette opération.

Jusqu'a présent, les tentatives des FARDC contre les rebelles des FDLR ont abouti à des échecs. Une campagne de sensibilisation conduite par des responsables militaires et politiques de la province Nord-Kivu a été lancée auprès des populations, pour l'appeler a se désolidariser des FDLR. Mais les chefs coutumiers de la province, eux, se plaignent de n'avoir pas été associés à cette campagne. L'armée gouvernementale congolaise a également lancé un appel aux rebelles hutus rwandais actifs, pour qu'ils acceptent de déposer les armes.

Réactions à Kinshasa

Dans la capitale congolaise, Kinshasa, et tout particulièrement dans la classe politique, les commentaires se sont multipliés depuis mardi. Ainsi, du côté de l'opposition, le Mouvement de libération du Congo (MLC), parle de « désagréable surprise ». Le porte-parole du MLC, Thomas Luaka, craint pour la sécurité des populations.                  

Thomas Luaka, porte-parole du MLC

« Le bilan est là : ce sont 1 000 Congolais qui ont été tués dans ces opérations ! »

21/01/2009 par Sarah Tisseyre


Du côté du parti au pouvoir, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) estime en revanche « qu'il faut savoir ce que l'on veut ». C'est en tout cas ce que nous a déclaré Evariste Boshab, secrétaire général du parti du président Joesph Kabila.                   

Evariste Boshab, secrétaire général du parti du président Joseph Kabila

« La Constitution permet au gouvernement de conclure des accords de défense avec d'autres pays. »

21/01/2009 par Sarah Tisseyre


Pour Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale congolaise, la situation « est grave ». Selon lui, cette entrée de soldats rwandais sur le sol congolais « soulève  beaucoup de questions ». Pour l'opposition rwandaise en exil, l'opération militaire conjointe est « un mauvais choix ». Enfin, du côté de Bruxelles, le commissaire européen au Développement Louis Michel a notamment parlé d'un « début de solution » aux problèmes de la région.