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Guinée

La junte continue son opération mains propres

Article publié le 23/01/2009 Dernière mise à jour le 23/01/2009 à 05:19 TU

Une vingtaine de directeurs de sociétés, et d'anciens hauts responsables de l'Etat comme l'ancien ministre des Finances Ousmane Doré, ont été interrogés, jeudi, par une commission d'audit, qui les a questionnés au camp Alfa Yaya Diallo, le quartier général de la junte. L'interrogatoire portait sur leur utilisation de leurs fonds. Parmi les personnalités sommées de s'expliquer sur leur gestion des finances publiques figure l'homme d'affaires emblématique des années Conté, Mamadou Sylla. En 2006 il avait été arrêté pour le détournement de 22 millions de dollars, somme qu'il n'a toujours pas remboursée à la Banque centrale.

Le camp militaire Alfa Yaya Diallo, le quartier général de la junte, le 27 décembre 2008.(Photo : Reuters)

Le camp militaire Alfa Yaya Diallo, le quartier général de la junte, le 27 décembre 2008.
(Photo : Reuters)

Dire que Mamadou Sylla est impopulaire, c'est énoncer une évidence. L'homme d'affaires, originaire de Boké, symbolise l'affairisme et l'arbitraire de l'ère Conté.

Le point d'orgue de cette impopularité se produit en 2006, lorsque le président en personne se déplace à la prison pour le libérer contre l'avis de la justice qui lui reproche un détournement de 22 millions de dollars. Une péripétie qui résume la carrière de Mamadou Sylla.

A l'origine, ce petit commerçant de province sert à l'entourage de Lansana Conté pour déstabiliser l'ex-Premier ministre en disgrâce Sidya Touré. Ce dernier avait reçu le monopole du commerce des armes de chasse, et le pouvoir donne une licence à Mamadou Sylla, pour contrer Sidya Touré.

La partie émergée de l'iceberg

Très vite, Mamadou Sylla se fait une spécialité des contrats publics : riz, véhicules, munitions. Sa méthode est simple. Il avance les fonds et se fait rembourser par l'Etat. Il se paie même la compagnie aérienne nationale Air Guinée qu'il coulera en moins d'un an.

Mamadou Sylla se fait aussi une spécialité de la surfacturation, ce que tente de prouver la justice dans l'affaire des 22 millions détournés à la Banque centrale en 2000, et qui lui vaut aujourd'hui sa convocation à la junte.

Mais celui que l'on surnomme le voleur, dans les rues de Conakry, n'est ni l'artisan ni le responsable d'un système de corruption généralisée. Il n'est sans doute que la partie émergée de l'iceberg.