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Guinée

Arrestations dans les rangs de l'armée

par  RFI

Article publié le 24/04/2009 Dernière mise à jour le 24/04/2009 à 15:32 TU

Le capitaine Moussa Dadis Camara, au pouvoir depuis le coup d'Etat du 23 décembre, a dû reporter mercredi matin à la dernière minute son départ pour la Libye. (Photo : Laurent Correau)

Le capitaine Moussa Dadis Camara, au pouvoir depuis le coup d'Etat du 23 décembre, a dû reporter mercredi matin à la dernière minute son départ pour la Libye.
(Photo : Laurent Correau)

La capitale guinéenne a connu une nuit très agitée, de mercredi à jeudi, avec notamment des mouvements de troupes. Des militaires avaient érigé, mercredi soir, un barrage de contrôle à l’entrée de la péninsule de Kaloum, où se trouve le quartier administratif et celui des affaires, fouillant tous les véhicules et obligeant les automobilistes à faire demi-tour. Ces événements se sont produits alors que le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, au pouvoir depuis le coup d’Etat du 23 décembre, venait de reporter, mercredi matin à la dernière minute, son départ prévu pour la Libye. Après avoir été emmenés au camp Alpha Yaya Diallo de Conakry, les militaires arrêtés ont été transférés à la prison de l'île de Kassa au large de la capitale.

Des arrêts de rigueur ont été appliqués aux capitaines Saa Alphonse Touré, commandant adjoint du régiment commando, et Abdoulaye Kéita. Ce dernier qui faisait partie du bataillon aéroporté, était maître instructeur et ancien du Bataillon autonome de la sécurité présidentielle (Basp) sous le régime de feu général Lansana Conté qui dirigea le pays de 1984 à 2008.

Selon nos sources, d’autres soldats moins gradés, dont on ignore le nombre, ont également été mis aux arrêts de rigueur. Il s’agit, pour la plupart, de soldats membres de la garde rapprochée des deux officiers.

Pour le moment, il y a un mutisme total au sujet de ce qu’on reproche aux militaires arrêtés. Ce qui reste vrai : la nuit de mercredi à jeudi a été très agitée dans certains quartiers de la capitale, quelques heures seulement après le report, in extremis, d’un voyage du président de la junte en Libye.

Le capitaine Moussa Dadis Camara qui était déjà au salon présidentiel de l’aéroport de Conakry, a décidé de ne pas effectuer ce déplacement que les analystes politiques qualifient de voyage inopportun, pour ne pas dire à risque. Dans la capitale, la question qui court maintenant sur toutes les lèvres est de savoir si ces arrestations sont liées au report du voyage du président guinéen pour la Jamahiriya arabe libyenne.