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Somalie / France

Le récit de l’agent français qui a échappé aux islamistes

par  RFI

Article publié le 26/08/2009 Dernière mise à jour le 27/08/2009 à 09:16 TU

Enlevé en Somalie le 14 juillet, l'agent français, Marc Aubrière, est parvenu à fuir ses ravisseurs, dans la nuit de mardi à mercredi. Il a raconté des détails au sujet de sa détention et de sa libération. Marc Aubrière a démenti avoir été libéré contre une rançon. Plusieurs sources à Mogadiscio affirment le contraire.

Marc Aubrière sur le point d'embarquer à l'aéroport de Mogadiscio, le 26 août 2009.(Photo : Reuters)

Marc Aubrière sur le point d'embarquer à l'aéroport de Mogadiscio, le 26 août 2009.
(Photo : Reuters)



 
Marc Aubrière, c'est ainsi qu'il dit s'appeler, assure s'être évadé sans violence. Il n’y a eu aucun coup de feu. Il a insisté sur ce point. « Mardi soir, a-t-il raconté, aux environs de minuit, j'ai profité du sommeil de mes geôliers, fatigués par le ramadan. J'ai vu que ma cellule était mal fermée alors je me suis fait la belle sans violence. De toute façon, si j'avais tiré un coup de feu d'autres gardes m'auraient descendu. Puis, j'ai marché dans la nuit pendant près de cinq heures en me guidant avec les étoiles pour rejoindre la zone que j'espérais atteindre. Mogadiscio, la nuit, est déserte et les seuls hommes que l'on croise sont armés. On m'a tiré dessus, j'ai couru, je me suis caché et par chance on m'a raté. ». Il a ensuite trouvé refuge au siège du gouvernement de transition somalien.

Concernant ses conditions de détention, l'agent français explique que ce mois et demi a été horriblement long mais qu'il a été bien traité, qu'il n'a subi aucune torture, aucun simulacre d'exécution. Avec une pointe d'humour, le militaire raconte que, pour tuer le temps, il a bien dû lire une dizaine de fois Deception Point, un roman policier de Dan Brown que lui avaient donné ses ravisseurs du Hezb al-Islam.

Témoignages contradictoires à Mogadiscio

Sur certains points, ce récit, qui cadre parfaitement avec la version officielle, laisse songeur. Peut-on imaginer des ravisseurs relâcher la garde, quand en Somalie la valeur d'un otage occidental représente un véritable pactole ? Peut-on imaginer un Européen traverser Mogadiscio, en pleine nuit, sans se faire arrêter par les différents groupes armés qui quadrillent la ville ? Cette version a été confirmée par le quai d’Orsay. Selon Paris, l’agent français a échappé à ses ravisseurs sans violence, et surtout aucune rançon n’a été versée par les Français.

C'est auprès de soldats de l'Amisom que l'agent secret a pu trouver refuge.(Photo : AFP)

C'est auprès de soldats de l'Amisom que l'agent secret a pu trouver refuge.
(Photo : AFP)



 
Mais à Mogadiscio, des témoignages contredisant ces versions circulaient toujours mercredi soir. Une source au sein de la police somalienne affirme que le Français aurait pris la fuite après avoir tué trois de ses ravisseurs. Enfin, selon un responsable du Hezb al-Islam, - le groupe qui a retenu le Français en otage -, Marc Aubrière aurait été libéré après le paiement d’une rançon.

Mercredi soir, Marc Aubrière a été évacué de Somalie. Reste maintenant à libérer son collègue, toujours détenu par un autre mouvement islamiste, les shebab. Selon une source aux Nations unies, l’évasion de Marc Aubrière a été perçue comme un échec pour les islamistes. Obtenir la libération de l’autre agent français risque donc d’être plus compliqué.

Eric Chevallier

Porte-parole du ministère français des Affaires étrangères

« Il est en sécurité et il a quitté le territoire somalien ».

26/08/2009 par Tangui Loisel