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ONU

Les déclarations tonitruantes de Kadhafi

Article publié le 23/09/2009 Dernière mise à jour le 24/09/2009 à 14:29 TU

Le président américain Barack Obama a prononcé son premier discours à la tribune des Nations unies depuis sa prise de fonction. Il a sollicité l'aide de ses homologues pour faire face aux défis de la planète et plaidé le multilatéralisme. Le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, qui, en 40 ans de pouvoir, prenait également la parole pour la première fois devant l’Assemblée générale de l’ONU, a stigmatisé les grandes puissances ainsi que les membres permanents du Conseil de sécurité.

Le leader libyen Muammar Kadhafi lors du sommet des Nations unies, le 23 septembre 2009.<em>(Photo : Ray Stubblebine / Reuters)</em>

Le leader libyen Muammar Kadhafi lors du sommet des Nations unies, le 23 septembre 2009.
(Photo : Ray Stubblebine / Reuters)

Avec notre envoyé spécial à New York, Jean-Karim Fall

En quarante ans de pouvoir, le colonel Kadhafi n'avait encore jamais pris la parole devant les Nations unies. Pour ce premier discours, le dirigeant libyen s'est livré deux heures durant à un véritable réquisitoire contre le Conseil de sécurité.

Brandissant la charte des Nations unies, Kadhafi a fustigé le fonctionnement de l’ONU. Dans le collimateur du guide de la révolution libyenne, le Conseil de sécurité et en particulier, les membres permanents de ce Conseil qui disposent d’un droit de veto. « Qui les a désignés ? Pourquoi eux ? », a lancé le colonel Kadhafi. Pour lui, ce Conseil de sécurité n’est absolument pas représentatif. « Ce n’est pas un Conseil de sécurité, c’est un Conseil de terreur », s'est-il offusqué.

Le colonel Kadhafi souhaite que les prérogatives du Conseil de sécurité soient transférées à l’Assemblée générale, présidée cette année par un diplomate libyen, Ali Triki. Toujours aussi provocateur, le colonel Kadhafi a comparé les Nations unies à Hyde Park, le célèbre parc londonien où s’expriment toutes les opinions y compris les plus originales. « Vous êtes ici comme à Hyde Park. Vous parlez et vous partez », a-t-il dit.

Sans surprise, le colonel Kadhafi a également critiqué la justice internationale et, en particulier la CPI, la Cour pénale internationale: « Il est facile d’envoyer Charles Taylor et Hissène Habré à La Haye. Et pourquoi pas ceux qui sont responsables de la guerre en Irak ? ». Le colonel Kadhafi a également suggéré que le siège des Nations unies soit transféré ailleurs : « Pourquoi pas Syrte ? ». Le choix de Syrte, sa ville natale, ne lui paraissait pas incongru et il a demandé à Ali Triki, le président de l’Assemblée générale, d’inscrire cette question du déménagement de l’ONU à l’ordre du jour.

Le dirigeant libyen a conclu son discours fleuve, le point levé, par la formule révolutionnaire classique « La lutte continue ». La Libye occupe actuellement un siège non permanent au Conseil de sécurité jusqu'en 2010.