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Guinée

Les Etats d’Afrique de l’Ouest renforcent la pression

par  RFI

Article publié le 13/10/2009 Dernière mise à jour le 14/10/2009 à 14:51 TU

Les Etats d'Afrique de l'Ouest et les représentants internationaux, réunis lundi 12 octobre à Abuja, sont on ne peut plus clair au sujet de la Guinée : les militaires au pouvoir doivent partir et il faut mettre en place un gouvernement de transition à Conakry. La Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a demandé aussi la mise en place d'un gouvernement de transition, l'envoi d'une mission internationale - qui mêlerait à la fois civils et militaires et cela pour sécuriser la population - et des enquêteurs chargés de faire la lumière sur la répression sanglante du 28 septembre qui a fait - selon l'ONU - 150 morts. La capitale guinéenne ne se remet pas de la répression sanglante qui - selon l'ONU - a fait 150 morts le 28 septembre dernier. La CEDEAO a convoqué un nouveau sommet samedi prochain à Abuja après avoir dénoncé, lundi, « les tueries brutales » et le risque de « nouvelle dictature » en Guinée.

Logo de la CEDEAO

Logo de la CEDEAO

La Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest a demandé, lundi à Abuja, le départ des militaires au pouvoir à Conakry. Dans son communiqué final, le Groupe de contact international parle de retrait du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), la junte dirigée par le capitaine Dadis Camara. La CEDEAO a également demandé la mise en place de nouvelles autorités pour conduire la transition en Guinée.

En termes décodés, le Groupe de contact demande le départ de la junte militaire et du gouvernement actuel. Il invite les différentes organisations à la mise en place d’une commission d’enquête internationale et incite tous les partenaires à préparer immédiatement des sanctions ciblées contre les auteurs des massacres du 28 septembre dernier. Il invite la CEDEAO à constituer une mission internationale d’observation et de protection. Le terme « force » n’est pas prononcé, mais le rôle assigné à cette mission est sans ambiguïté.

Préoccupé par le trafic et la circulation d’armes, le Groupe de contact recommande à la communauté internationale l’imposition d’un embargo total sur les armes à destination de la Guinée. Il appelle le président du CNDD à formaliser, avant le 17 octobre prochain – comme le lui demande l’Union africaine – l’engagement pris que ni lui, ni les autres membres de la junte, ni le Premier ministre, ne se présenteront à l’élection présidentielle. Comme on le voit, les mots sont parfois nuancés, mais les allusions apparaissent claires. La CEDEAO a convoqué un nouveau sommet sur la Guinée, samedi prochain à Abuja.

Personne à Conakry n'a oublié ce 28 septembre, lorsque des éléments de l'armée ont réprimé cette manifestation de l'opposition faisant au moins 150 morts et de nombreuses femmes violées. Mariama Sy, vice-présidente du patronat guinéen, a aussi subi des violences ce jour là. Lundi à Abuja, elle a pris la parole en public en faveur de ses sœurs d'infortune.

Mariana Sy Dialo, vice-présidente du patronat guinéen

« Si Dieu m’a donné la vie et m’a permis de sortir de ce stade, ce jour-là, c’est pour que j’exprime à la face du monde ce que j’ai vécu ».

13/10/2009 par Alpha Barry

Parmi les personnalités présentes au sommet d’Abuja, le président du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG). L'opposant Alpha Condé s’est déclaré satisfait de cette réunion car, selon lui, toutes les demandes faites par le RPG ont été acceptées.

Alpha Condé, président du RPG, le Rassemblement du peuple de Guinée

« Il faut que les Etats-Unis et l’Union européenne qui ont clairement montré que Dadis a dépassé la ligne rouge, s’engagent à mettre à la disposition de cette force, les moyens nécessaires pour accomplir leur mission ».

13/10/2009 par Alpha Barry

Les événements du 28 septembre font des remous au sein du gouvernement guinéen. Abdourahmane Sano, le ministre de l'Agriculture et de l'Elevage a annoncé, lundi, sa démission. Il a estimé que le gouvernement est moralement responsable de cette répression sanglante.