Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

Libye

Saadi Kadhafi : le colonel épinglé

Kadhafi junior, le troisième fils, le footballeur, refait la une de l’actualité. Il a été contrôlé positif à la nadrolone, il y a un mois à l’issue d’un match de championnat d’Italie entre Pérouse, son club, et la Reggina. Un match qu’il n’avait même pas disputé, l’ayant suivi du banc de touche en qualité de remplaçant.
Saadi est le digne fils de son père. Colonel de l’armée libyenne, il est aussi insondable que son chef d’Etat de père. Mais, pour le football, il est prêt à tout et surtout à dépenser beaucoup d’argent. Ayant été président de la fédération libyenne, aujourd’hui vice-président, capitaine de la sélection nationale, président du club Al Ittihad, champion national, il a fait venir, il n’y a pas si longtemps à Tripoli deux pestiférés des stades, Ben Johnson et Diego Maradona pour lui donner des cours particuliers. Pour l’équipe nationale, il avait engagé Carlos Bilardo, l’ex-mentor de l’équipe d’Argentine. Sans que les résultats ne soient vraiment au rendez-vous, ni pour lui, ni pour la formation libyenne.

L’an dernier, il était entré au conseil d’administration de la Juventus de Turin en sa qualité de représentant de la société Lafico (Libyan arab foreign investment company) propriétaire du club à hauteur de 7,5%. Poste qu’il fut contraint d’abandonner au mois d’octobre après sa signature au club de Pérouse. La législation italienne interdit, en effet, d’être joueur dans un club et dirigeant dans un autre. Joueur, pas tout à fait, car si Saadi fait partie de l’effectif du club, il n’a pas disputé la moindre rencontre. Son unique récompense ayant été de figurer deux fois sur la liste des remplaçants. La deuxième, il s’est fait pincer.

L'argent ne fait pas le talent

Son arrivée en Italie avait fait sensation. Si on n’a jamais parlé de son contrat, c’est probablement parce qu’il est le seul joueur à avoir payé pour intégrer un club. Ceux qui l’ont vu aux entraînements ont reconnu qu’il avait des qualités de footballeur mais qu’il n’avait pas le niveau de la première division. L’argent ne fait pas le talent. Pas plus qu’il n’assure à la Libye d’être retenue pour organiser la Coupe du monde en 2010. Là aussi on retrouve Saadi Kadhafi puisqu’il est le président du comité de candidature de son pays et qu’il se dit prêt à dépenser neuf milliards de dollars pour que son pays réponde à la perfection au cahier des charges de la FIFA. Il est certain que cette omniprésence, cette avidité, ce personnage hors-normes ont fini par déranger.

«Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais ici il y a beaucoup de choses étranges et celle-là en est une», déclare Luciano Gaucci. «Il a été tiré au sort pour le contrôle la première fois qu’il s’est assis sur le banc. Il avait été désigné comme remplaçant en récompense de ses efforts. Comment peut-on penser qu’un joueur se dope alors qu’il ne doit pas entrer sur le terrain !», ajoute le président de Pérouse. Ses coéquipiers abondent dans le même sens convaincus de son innocence. Toujours est-il que le fils Kadhafi risque une suspension de deux ans qui briserait tous ses espoirs de jouer, ne serait-ce qu’une fois un match du calcio.

Les faits et gestes de la famille Kadhafi ne laissent personne indifférent. Une affaire de dopage concernant le passionné de foot décrédibiliserait le pays et, en particulier, sa volonté d’accueillir la Coupe du monde.



par Gérard  Dreyfus

Article publié le 06/11/2003 Dernière mise à jour le 27/04/2004 à 10:27 TU