Football
Marseille après Monaco

(Photo : DR)
Marseille en finale d’une Coupe d’Europe. Il y a encore quatre mois cette affirmation aurait fait sourire. Tout autant que celle qui aurait promis l’apothéose à Monaco. Les Marseillais n’allaient pas bien, au point que les dirigeants se décidèrent à limoger leur entraîneur Alain Perrin pour le remplacer par un intérimaire, José Anigo. Les titulaires devinrent remplaçants, les remplaçants titulaires et comme par un mystérieux coup de baguette magique l’amalgame s’opéra, les résultats suivirent, surtout en Coupe d’Europe.
Ecarté de la Ligue des champions par le Real Madrid et le FC Porto, la troisième place de son groupe permit à l’OM de disputer la Coupe de l’UEFA. Les résultats positifs s’accumulèrent contre Dniepropetrovsk, Liverpool, l’Inter de Milan, enfin Newcastle. Ce ne fut jamais facile, mais les Marseillais possédaient, sans le savoir tout à fait, un phénomène à la pointe de leur attaque, l’Ivoirien Didier Drogba arrivé en début de saison de Guingamp. Auteur de cinq buts lors de la phase initiale de la Ligue des champions dont un triplé le 1er octobre contre le Partizan de Belgrade, il en avait ajouté quatre autres avant la demi-finale retour de l’UEFA au stade vélodrome. Et, encore une fois, il a fait la différence, marquant un but dans chaque mi-temps.
Couronné il y a quelques jours meilleur footballeur du championnat de France, Drogba, âgé aujourd’hui de 26 ans, a grandi très vite sous le maillot du club phocéen. Reste à savoir si Marseille pourra le conserver la saison prochaine. Les plus grands clubs européennes ont forcément noté son nom sur leur tablette et s’il gagne la Coupe d’Europe, sa valeur marchande fera encore un bond spectaculaire. Marseille a beau dire que sa perle ivoirienne est intransférable, il est parfois difficile de résister aux offres mirobolantes.
Le doublé français n’est pas une première
Nous n’en sommes pas encore là. Mais Monaco est un peu dans la même situation avec son entraîneur Didier Deschamps dont la cote n’a cessé de grimper ces derniers mois. On le disait partant pour la Juventus de Turin, un de ses anciens clubs. Situation encore plus incertaine pour l’Espagnol Fernando Morientes qui est encore sous contrat avec le Real de Madrid et n’est que prêté à Monaco. Drogba et Morientes auront été les fers de lance de leurs clubs respectifs, le Marseillais avec onze réalisations cette saison, le deuxième avec neuf buts. La réussite d’une équipe passe, entre autres, par le talent et le réalisme de ses buteurs.
Le doublé français n’est pas une première: en 1996 le Paris Saint Germain avait gagné la défunte Coupe des vainqueurs de Coupe, alors que Bordeaux s’était incliné dans la Coupe de l’UEFA. Qualification pour la finale n’est pas encore victoire. Mais autant contre Porto que contre Valence, les deux clubs français ont une bonne carte à jouer, quand bien même leurs deux adversaires possèdent sur les dernières années une carte de visite plus fournie. Pour en revenir spécifiquement à Marseille, le rendez-vous du 19 mai à Göteborg sera sa quatrième finale européenne, cinq ans après la dernière (UEFA 99 0-3 contre Parme), treize ans après la première (Coupe des champions 91, 0-0 avec l’Etoile Rouge de Belgrade et 3 tirs au but à 5), onze ans après son unique victoire (Ligue des champions 93, 1-0 contre Milan AC).
Une tâche difficile attend l’OM face à Valence, actuel leader de la Liga espagnole, qui disputera sa troisième finale européenne en cinq ans. Les protégés de l’entraîneur-miracle José Anigo ne seront pas favoris. Mais l’ont-ils jamais été lors des tours précédents! Plus qu’un succès et une invraisemblable saison sera bouclée.par Gérard Dreyfus
Article publié le 07/05/2004 Dernière mise à jour le 07/05/2004 à 10:10 TU