Football
Ligue des champions: Monaco jouera la finale

(Photo: AFP)
Après le Stade de Reims (56 et 59), Saint-Etienne (76) et Marseille (91 et 93) c’est au tour de Monaco de briguer le sacre dans la plus prestigieuse des épreuves réservées aux clubs. Avec l’espoir pour les Monégasques de rejoindre l’OM (par ailleurs en attente d’une éventuelle qualification pour la finale de la Coupe de l’UEFA), seule équipe française à avoir remporté le trophée,. C’était il y a onze ans. Victorieuse à domicile avec deux buts d’écart, l’Association sportive de Monaco, dirigée depuis trois saisons par l’ancien capitaine de l’équipe de France, Didier Deschamps, reconverti au poste d’entraîneur, s’en est allée obtenir le partage des points à Londres face à l’épouvantail Chelsea. Le club de la capitale renfloué par des capitaux russes était devenu depuis quelques mois une sorte d’icône, en passe de doubler Manchester United, sans en avoir cependant complètement le talent. Il est bien connu qu’on ne prête qu’aux riches. Toujours est-il que cette seconde manche avait mal commencé, la défense monégasque encaissant un premier but, sur un lob génial de Gronkjaer à la 22e minute, puis un deuxième sur une frappe de Lampard. Après quarante-quatre minutes, le stade de Stamford Bridge croulait sous le bonheur. Son équipe était en position de qualifié. C’est à ce moment-là que tout allait basculer. Tandis qu’on jouait la fin du temps additionnel de la première période le petit Argentin Ibarra, suite à un tir de l’Espagnol Morientes sur la barre, marquait un but qui redonnait la qualification à l’équipe française. Un but qui eut le don de déstabiliser la formation anglaise, très largement dominatrice lors de la première moitié de la rencontre, beaucoup moins à son affaire après la pause. Les Monégasques allaient d’ailleurs revenir à hauteur des joueurs de Chelsea sur un but signé Morientes à l’heure de jeu. 2-2, il aurait fallu que les protégés de Claudio Ranieri inscrivent trois buts pour empêcher la marche victorieuse de l’équipe du Rocher. Mission impossible.
Une réussite exceptionnelle
Voilà donc les Monégasques en finale. Ils affronteront le 26 mai à Gelsenkirchen le FC porto, vainqueur des Espagnols de La Corogne dans l’autre demi-finale. Porto, rappelons-le, vainqueur la saison passée de la Coupe de l’UEFA. Porto-Monaco, voilà une finale imprévisible au coup d’envoi de la saison. Parce que les regards des spécialistes ou présumés tels sont inexorablement tournés vers les clubs espagnols, italiens, anglais, ou à défaut, allemands. Le football est d’abord une affaire de talent, rappelait justement Didier Deschamps après le match de Londres. Ensuite de travail. Et le talent, il existe, à des degrés divers, dans des clubs qui ne bénéficient pas toujours de l’aura méritée. Le parcours de Monaco, cette saison, aura été exemplaire: douze matches joués, six victoires, trois nuls et trois défaites, vingt-sept buts marqués dont neuf par l’Espagnol Morientes, prêté par le Real Madrid, seize buts encaissés. Une très grosse victoire lors des matches de poule contre La Corogne (8-3), puis l’élimination tour à tour du Lokomotiv Moscou, du Real Madrid, enfin de Chelsea. Une réussite d’autant plus exceptionnelle qu’elle était inattendue et qui a peut-être été facilitée par le changement de format de la Ligue des champions qui est revenue à la bonne vieille élimination directe à partir des huitièmes de finale. Avec une formule par poules lors de la seconde phase, reconnaissait Didier Deschamps, jamais nous n’aurions pu aller en finale. Sur une rencontre tout est toujours possible en football.
Finaliste de la Coupe de l’UEFA en 1992, Monaco s’était incliné, à Lisbonne, face au Werder de Brême, mais c’était au lendemain du drame de Bastia (consécutif à l’effondrement d’une tribune avant le coup d’envoi de la demi-finale de Coupe de France entre Bastia et l’OM). Emporté par son élan le club azuréen partira à égalité de chances avec son adversaire qui rêve d’un second sacre, dix-sept ans après le premier (souvenez-vous la talonnade magique de Rabah Madjer). Un duel impensable il y a neuf mois. Tout comme le serait une éventuelle qualification –pourtant hautement possible– de Marseille en coupe de l’UEFA. Le football français avec deux clubs en finales européennes: ce serait du jamais vu.par Gérard Dreyfus
Article publié le 06/05/2004 Dernière mise à jour le 06/05/2004 à 09:20 TU