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Sommet UE/Etats-Unis

Bush prépare la transition en Irak

Le président américain George Bush et le Premier ministre irlandais Bertie Ahern lors de leur entretien dans le cadre du sommet Etats-Unis – Europe dans le château de Dromoland, près de Shannon en Irlande. 

		(Photo : AFP)
Le président américain George Bush et le Premier ministre irlandais Bertie Ahern lors de leur entretien dans le cadre du sommet Etats-Unis – Europe dans le château de Dromoland, près de Shannon en Irlande.
(Photo : AFP)
Les entretiens de George W. Bush avec ses interlocuteurs européens, lors du sommet annuel entre l’Union européenne et les Etats-Unis, réuni cette année en Irlande, ont donné l’occasion au président américain d’insister sur le souci partagé des deux côtés de l’Atlantique d’assurer une transition politique dans les meilleures conditions en Irak. Une manière d’essayer de faire oublier les désaccords enregistrés sur ce dossier avec un certain nombre de ses alliés européens, au premier rang desquels figurent la France et l’Allemagne.

L’Union européenne et les Etats-Unis se sont entendus pour «apporter leur soutien total et durable» au nouveau gouvernement irakien. La déclaration commune présentée à l’issue du sommet UE/Etats-Unis, organisé au château de Dromoland, près de la ville de Shannon en Irlande, précise notamment que les deux parties «partagent un engagement commun en faveur d’un soutien au peuple irakien et à un gouvernement intérimaire pleinement souverain». A quelques jours de la date officielle du passage du pouvoir aux Irakiens, prévue le 30 juin, l’Europe et les Etats-Unis ont voulu donner l’image d’une unité retrouvée sur la question de politique internationale la plus sensible du moment.

Cela ne signifie pas néanmoins que les points de vue convergent sur tout et qu’au-delà des principes énoncés à Dromoland, l’entente est parfaite sur les méthodes qui doivent être employées pour aider les Irakiens à recouvrer leur souveraineté pleine et entière. Un bémol à la scène de l’accord parfait a d’ailleurs été apporté par la mention de «la nécessité d’un respect total des Conventions de Genève» sur les prisonniers de guerre. Même si le contexte qui a rendu cette précision incontournable n’a pas été développé, la référence au scandale sur les sévices infligés aux détenus de la prison d’Abou Ghraib ne fait pas mystère. Cette affaire, tout comme celle de la détention des prisonniers d’Afghanistan sur la base de Guantanamo à Cuba, ont d’ailleurs été abordées sans détour par le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, durant son entretien avec le président américain. Il en a d’ailleurs conclu que George W. Bush était «parfaitement conscient de l’aversion que les peuples d’Irlande et d’Europe ont ressenti devant les mauvais traitements subis par les prisonniers irakiens de la part des forces de la coalition».

Bush en quête de soutiens

Si cela n’avait pas été le cas, les manifestations organisées à chacun des déplacements du président des Etats-Unis en Europe pour protester contre l’intervention américaine en Irak, seraient là pour lui rappeler que sa politique est l’objet de vives critiques. En Irlande, plusieurs défilés ont été organisés par les mouvements pacifistes à Dublin mais aussi à proximité du château de Dromoland, où plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées le 26 juin. Les manifestants ont défilé en brandissant des pancartes portant une inscription sans ambiguïté : «Stop Bush», ou en lisant des listes de noms de victimes irakiennes. Après sa tournée européenne lors des cérémonies organisées pour le soixantième anniversaire du débarquement, qui avait aussi provoqué des rassemblements populaires de protestation, en Italie notamment, le retour de George W. Bush sur le Vieux Continent ne reçoit décidément pas un accueil des plus chaleureux.

Heureusement que le climat politique est plus serein et que les dirigeants américains et européens partagent désormais le même désir d’aplanir les désaccords. Aujourd’hui, et quels que soient les chemins qui ont mené à cette conclusion, tout le monde affirme qu’un «engagement continu et étendu des Nations unies en Irak» est indispensable après le transfert de souveraineté, pour favoriser la mise en place d’un processus politique permettant d’aboutir à l’organisation d’élections.

Dans le cadre de la tournée qui doit le mener, ensuite, en Turquie où une visite officielle l’attend avant l’ouverture du sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), cette rencontre UE/Etats-Unis représente donc une étape intéressante pour George W. Bush. Elle a, en effet, certainement rempli ses objectifs puisqu’elle lui a permis de faire passer son message concernant l’engagement de la communauté internationale à «favoriser l’émergence d’un Irak libre» aux côtés des Etats-Unis et de continuer sa quête de soutiens. Une quête qu’il va d’ailleurs poursuivre à Istanbul, les 28 et 29 juin, auprès des membres de l’OTAN.



par Valérie  Gas

Article publié le 26/06/2004 Dernière mise à jour le 27/06/2004 à 08:21 TU