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Transport aérien

Les compagnies douteuses à l’index

Le ministre français des Transports Dominique Perben a annoncé un renforcement des contrôles des avions étrangers. (Photo: AFP)
Le ministre français des Transports Dominique Perben a annoncé un renforcement des contrôles des avions étrangers.
(Photo: AFP)
La France va publier, lundi 29 août, une «liste noire» des compagnies aériennes interdites sur son territoire pour des raisons de sécurité. Le gouvernement prévoit de publier également un texte réglementaire, vers la fin de l’année, qui obligera les voyagistes à faire connaître les transporteurs des programmes touristiques. Les contrôles des compagnies seront également intensifiés.

Après la série de crash aériens meurtriers de ces dernières semaines, le gouvernement français a décidé de renforcer les contrôles et la transparence en matière de sécurité aérienne. Le ministre des Transports Dominique Perben a annoncé que, dès lundi, la liste des compagnies interdites sur le sol français sera publié sur le site web de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). On connaît déjà le nom de quatre compagnies qui figureront sur cette liste noire, la nord-coréenne Air Koryo, l'Américaine Air Saint-Thomas, la libérienne International Air Service et Air Mozambique, mais d'autres devraient suivre. La liste des compagnies autorisées sera également publiée sur Internet.

La France devance ainsi un projet du Commissaire européen aux Transports, Jacques Barrot, qui vient de proposer à Bruxelles, face à la série noire du transport aérien, une liste des «compagnies douteuses» de l’ensemble des pays de l’Union pour début 2006. Mais créer une liste des Etats irrespectueux des règles de sécurité aérienne est une décision qui ne peut relever d’un seul pays. Dans cette perspective, Dominique Perben présentera avant la fin du mois d’octobre un memorandum à Bruxelles.

Des carences considérées «comme très graves»

Le ministre français a également annoncé son intention de faire pression sur l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour que les résultats de ces audits soient publiés «pour connaître les compagnies interdites sur le sol français» mais également «pour identifier celles jugées à risques». Pour Michel Wachenheim, directeur général de la DGAC française interrogé, mardi, par le journal Le Monde, «10 à 15% des Etats audités par l’OACI, soit une trentaine ne sont pas à la hauteur de leur engagement en matière de sécurité aérienne et pour une quinzaine, ces carences sont considérées comme très graves». En 2004, un rapport parlementaire français pointait notamment les manquements de certains pays européens, comme Chypre ou la Hongrie

Le ministre des Transports a annoncé dans le même temps, pour la fin de l’année, un texte réglementaire qui obligera les voyagistes à faire connaître aux passagers, dès l’achat de leur billet, le nom de la compagnie sur laquelle ils seront transportés. Ce dispositif qui pourrait entrer en vigueur à la fin de l’année, ne signifie pas pour autant la fin du projet «label bleu». La création de ce label pour les compagnies réputées les plus sûres avait été annoncé en 2004 par l’ancien ministre français des Transports Gilles de Robien, après l’accident du charter égyptien Flash Airlines à Charm-el Cheikh. «Les compagnies qui accepteront volontairement cette démarche se feront contrôler par un organisme de certification Afnor-Afaq», a expliqué Dominique Perben.

Autre mesure annoncé par le ministre : le renforcement des contrôles des avions étrangers. En 2004, la DGAC a effectué 1 640 contrôles sur des appareils étrangers en escale, soit le tiers de tous ceux réalisés en Europe. «L’objectif est d’atteindre le nombre de 2 000 contrôles par an, la nature de ces  contrôles sera également améliorée, plus de pièces seront contrôlées», a expliqué Dominique Perben qui a décidé de porter de 26 à 30 le nombre des contrôleurs. Un observatoire des compagnies sera également créé pour recueillir le maximum d’informations. Avant la France, trois pays –les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Suisse- ont déjà dressé des listes regroupant des compagnies aériennes qui ne répondent pas aux directives en vigueur, en terme d’entretien de leurs appareils.

Les professionnels du tourisme se sont déclarés satisfaits de la publication de la «liste noire». Ils restent néanmoins prudents, tout comme le syndicat des pilotes ALPA d’Air France pour qui la publication est «une bonne chose», mais reste «insuffisante». Et Philippe Raffin, vice-président d’ALPA d’argumenter : «quand un avion fait une escale de 30 minutes sur le sol français, comment voulez-vous que la DGAC puisse vérifier comment l’avion est entretenu, quelles qualifications ont reçu les équipages et à quels entraînements ils sont soumis ? En fait, on ne fait que de la vérification de documents».  


par Myriam  Berber

Article publié le 26/08/2005 Dernière mise à jour le 26/08/2005 à 16:46 TU