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Côte-d'Ivoire

Bédié rentre d’exil

Henri Konan Bédié à son arrivée à l'aéroport d'Abidjan, après un an d'exil à Paris.(Photo : AFP)
Henri Konan Bédié à son arrivée à l'aéroport d'Abidjan, après un an d'exil à Paris.
(Photo : AFP)
L’ancien président Henri Konan Bédié est rentré à Abidjan, après un an d’exil volontaire. Aussitôt arrivé, ses premières déclarations emboîtent le pas aux préoccupations et débats politiques dans le pays : fin de mandat et hypothétique élection présidentielle.

A l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, les choses avaient minutieusement été préparées pour le retour au pays de l’ancien se pas passe sans heurts. Ce 11 septembre 2005 un imposant dispositif de sécurité avait été déployé. Trois véhicules blindés des forces des Nations unies en Côte-d’Ivoire (Onuci), des soldats des forces de défense et de sécurité et des casques bleus avaient position l’aéroport et au siège du Parti démocratique de Côte-d’Ivoire. Plus de 500 militants du PDCI s’étaient aussi déplacés pour saluer leur leader. Le PDCI avait aussi déployé une sécurité interne pour encadrer les militants habillés aux couleurs du parti et à l’effigie de leur champion. 

L’accueil pour ce retour au pays qui se voulait dans un premier temps familial a très rapidement revêtu un caractère politique, lorsqu’on regarde la liste des personnalités qui ont accueilli Henri Konan Bédié. Outre Alphonse Djédjé Mady du PDCI et porte-parole de la coalition des partis d’opposition (G7), Henriette Diabaté, secrétaire générale du RDR, Alassane Salif Ndiaye de l’UDPCI, Joël Nguessan du MFA étaient aussi présents. Le Premier ministre Seydou Diarra était venu aussi saluer le retour de l’ancien président avant que ce dernier ne se rende au siège de son parti pour ses premières déclarations à la presse.

«Pas de prolongation»

«La constitution dit que le mandat est de cinq ans. Un point un trait», a déclaré Henri Konan Bédié s’invitant d’emblée dans le débat qui déchaîne actuellement les passions en Côte-d’Ivoire. «Il n’est pas question pour les gouvernants actuels qu’on leur donne au-delà de cinq ans», a insisté l’ancien président de la République. Il reproche notamment au pouvoir en place de n’avoir pas pris les dispositions nécessaires pour la tenue réelle du scrutin présidentiel du 30 octobre prochain. Il renvoie à la lecture de la constitution qui ne prévoit pas, selon lui, «une prolongation de mandat» et exhorte par conséquent Laurent Gbagbo à démissionner au terme quinquennat.

Henri Konan Bédié ne propose rien à la place, mais d’ici à quelques jours, après avoir rencontré les membres des différentes instances de son parti, fera peut-être connaître la position officielle du PDCI. Pour l’instant, on retient les déclarations du porte-parole du G7 qui réclamait «une transition sans Gbagbo». C’est également la thèse soutenue par les rebelles qui contrôlent la moitié nord du pays. Les uns et les autres savent pertinemment que rien ne sera ainsi et qu’il faut bien composer avec le pouvoir en place. La légitimité de ce pouvoir à participer à une «éventuelle transition» n’est pas plus contestable que celle dont se revendiquent les autres partis politiques. Ce qui fait dire à Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU que «les dirigeants politiques ivoiriens sont en train de détruire leur pays». Il leur reproche de n’avoir pas suffisamment «coopéré».

«Ce que nous avons accepté de faire (lors des pourparlers de paix) n’a pas été suivi d’action. Nous devons identifier ceux qui sont derrière les blocages», rétorque Henri Konan Bédié  qui se dit par ailleurs favorable aux sanctions contre tous les contrevenants. Le départ de Laurent Gbagbo semble préoccuper la classe politique ivoirienne qui ne fait pas assez cas des instances qui devront suppléer au vide juridique, si l’actuel président démissionne effectivement.


par Didier  Samson

Article publié le 12/09/2005 Dernière mise à jour le 12/09/2005 à 17:54 TU