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Guinée

Négociations dans un climat tendu

Des manifestants guinéens écoutent les informations à la radio, le 23 janvier à Conakry. 

		(Photo: AFP)
Des manifestants guinéens écoutent les informations à la radio, le 23 janvier à Conakry.
(Photo: AFP)
Après la très violente répression de lundi qui a fait une trentaine de morts, un calme précaire prévaut depuis 36 heures. Des négociations ont repris mercredi. Les dirigeants syndicaux avaient été reçus, mardi soir, par l'épouse du chef de l'Etat, Henriette Conté. Les syndicalistes affirment que le mouvement va se poursuivre. Ils exigent toujours un changement de gouvernement. La situation s’est calmée à Conakry. La répression des manifestations, lundi, a provoqué au moins 30 morts et plus de 150 blessés, suscitant des réactions d'indignation dans la communauté internationale. On évalue à 44 le nombre de manifestants tués depuis le début du mouvement de grève générale qui est appuyé par les partis de l’opposition.

La grève générale continue en Guinée. Les dirigeants syndicaux, qui devaient être reçus mardi soir par le président Lansana Conté, se sont en réalité entretenus avec l’épouse du chef de l’Etat, Henriette Conté, qui leur a demandé de reprendre le dialogue avec les institutions. Cette demande a été acceptée, même si les syndicalistes pensent que seul le président peut débloquer la situation. Les deux centrales syndicales, l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) et la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), ont repris des pourparlers avec plusieurs ministres, des membres du bureau de l’Assemblée nationale, du Conseil économique et social, de la Cour suprême ainsi que des responsables religieux.

La CNTG et l’USTG ont lancé ce mouvement de grève, le 10 janvier, pour protester contre la baisse du pouvoir d’achat, la corruption et l’ingérence du chef de l’Etat dans les affaires judiciaires. Le mouvement s’est radicalisé et les syndicats se sont, en réalité, substitués aux partis de l’opposition, exigeant la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par un Premier ministre de consensus.  Mais l’opposition vient de manifester sa solidarité avec les syndicalistes.

Sidya Touré

Leader de l'UFR, ancien Premier ministre

«Il faut déplorer avant tout qu'il y ait eu autant de morts dans des marches pacifiques.»

La situation en Guinée suscite toujours des réactions de la communauté internationale. Louise Arbour, Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a réclamé mercredi une enquête rapide et indépendante suite aux informations selon lesquelles «plus de 40 personnes auraient été tuées depuis le début de la grève générale». Dans ce communiqué publié à Genève, Mme Arbour souligne que «les violations des droits de l’Homme de ces dernières semaines en Guinée ne peuvent en aucun cas rester impunies». La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a condamné la répression et s’est déclarée inquiète «de voir les bérets rouges [de la garde présidentielle] épaulés par des forces militaires étrangères issues de la Guinée Bissau».

L’Union africaine (UA), qui a aussi condamné la répression, s’est déclarée favorable à la proposition de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) d’envoyer sur place une mission composée de deux chefs d’Etat.

El Ghassim Wane

Responsable du Département de gestion des conflits à l'Union africaine

«L'Union africaine souligne que la crise que vit la Guinée ne peut être réglée que par le dialogue.»



par Rédaction Internet  (avec AFP)

Article publié le 24/01/2007 Dernière mise à jour le 24/01/2007 à 13:53 TU

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[24/01/2007]