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France / Mauritanie

Malgré les arrestations, toujours beaucoup de questions

par  RFI

Article publié le 14/01/2008 Dernière mise à jour le 14/01/2008 à 05:21 TU

La justice mauritanienne va commencer à interroger les 5 Mauritaniens transférés samedi soir à Nouakchott depuis Bissau, dont deux sont les assassins présumés des touristes français, les autres pouvant être des complices. Un troisième assassin présumé est toujours en fuite. L'enquête ne fait que commencer et promet d'être longue, pour répondre aux nombreuses questions entourant les mobiles et le contexte de cet assassinat aveugle attribué à la branche d'al-Qaïda au Maghreb.

Les lieux du crime. Les Francais ont été tués là, le 24 décembre, en bordure de route, sur le sable, au moment de leur pause déjeuner. (Photo : Marie-Pierre Olphand/RFI)

Les lieux du crime. Les Francais ont été tués là, le 24 décembre, en bordure de route, sur le sable, au moment de leur pause déjeuner.
(Photo : Marie-Pierre Olphand/RFI)

Les enquêteurs mauritaniens ont un maximum de 15 jours pour interroger les 5 suspects dans le cadre d'une garde à vue prolongée. La loi anti-terroriste de 2005 prévoit en effet des pouvoirs spéciaux pour les enquêteurs, et interdit la présence des avocats de la défense jusqu'à la fin de cette garde à vue. C'est le procureur qui devra, dans un deuxième temps, qualifier l'accusation, et qui nommera un juge d'instruction.

Concrètement, les 5 Mauritaniens ont été placés dans des lieux tenus secrets. Ils devraient rapidement être confrontés aux 8 complices arrêtés le jour même de l'assassinat à Aleg, et placés depuis sous mandat de dépot à la maison d'arrêt DarNaïme à Nouakchott.

Toutes ces arrestations permettent de resserrer l'étau autour du 3e tueur présumé, Maarouf Ould Haiba, toujours en fuite, et qui se serait séparé de ses complices au tout début de leur cavale, au Sénégal. Elles devraient également permettre de commencer à reconstituer le puzzle de l'attaque des touristes français : tentativement d'enlèvement qui a mal tourné, ou assassinat qui répondait à une instruction précise des réseaux salafistes?

Les 2 suspects arrêtés vendredi, considérés comme des proches des groupes jihadistes, ont avoué n'éprouver aucun remord d'avoir tué des infidèles et des alliés des Américains.

Selon les services de renseignement français, al-Qaïda au Maghreb compterait 500 hommes armés, dont 400 en Algérie et une centaine se déplaçant dans la zone sahélienne entre Mauritanie, Mali et Niger.

A écouter

Maître Ahmed oud cheikh Sidya

Bâtonnier de l'ordre national des avocats

« C'est une détention au secret, à la merci des enquêteurs... Ils vont passer une période de 5 jours, renouvelable deux fois... Nous demandons que l'on respecte la dignité humaine et qu'on bannisse la torture »

14/01/2008

Yall Zakaria

Ministre de l'Intérieur mauritanien

« Nous avons un sentiment de satisfaction et de soulagement... La Mauritanie s'est résolument engagée dans le respect du droit. Toutes les garanties d'un procès juste et équitable sont réunies. »

14/01/2008 par Christine Muratet