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Niger / Mali / Libye

Kadhafi demande aux rebelles touaregs de désarmer

par  RFI

Article publié le 19/08/2008 Dernière mise à jour le 20/08/2008 à 02:29 TU

Le leader libyen Mouammar Kadhafi veut que les rebelles touaregs du Niger et du Mali déposent les armes.(Photo : Reuters)

Le leader libyen Mouammar Kadhafi veut que les rebelles touaregs du Niger et du Mali déposent les armes.
(Photo : Reuters)

Le colonel Mouammar Kadhafi a convoqué, dimanche à Oubari dans le sud du pays, les représentants des rebellions touarègues du Mali et du Niger, Ibrahim Ag Bahanga et Agaly Alambo. Le dirigeant libyen veut assumer le rôle de médiateur et il aurait ainsi demandé aux deux dirigeants de déposer les armes. La télévision d’Etat nigérienne a même annoncé que le chef du mouvement touareg nigérien avait pris l’engagement de déposer les armes, lundi. Toutefois, Agaly Alambo affirme que la trêve est loin d’avoir encore été signée avec les autorités de Niamey. Le mouvement touareg nigérien exige que les autorités le reconnaissent officiellement comme un véritable groupe politique et non comme des bandits.  

Selon un reportage diffusé, lundi, par la télévision nationale nigérienne, Agali Alambo, le chef du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), aurait déclaré qu'il déposait les armes et qu'il remettait la médiation entre les mains de Kadhafi. Interrogé mardi matin par RFI, Agali Alambo affirme le contraire. Il n’y aura pas de dépôt des armes et pas de trêve, tant que les autorités nigériennes n'auront pas changé leur position.          

Agaly Alambo

Chef du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ)

« S’il y a une réponse positive du gouvernement, on peut aller dans le sens d’une trêve ou d’un autre engagement allant vers le dialogue ».

écouter 0 min 54 sec

19/08/2008 par Sébastien Nemeth

L’initiative du colonel Kadhafi a été saluée par le gouvernement nigérien. Cependant, Mohammed Ben Omar, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement de Niamey, refuse de parler d'une médiation libyenne.

Mohammed Ben Omar

Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement nigérien

« Nous ne pouvons que saluer l’initiative du Guide libyen de réunir tous les mouvements sécessionnistes du grand Sahara [...] mais il ne s'agit pas de médiation ».

écouter 1 min 5 sec

19/08/2008 par Sébastien Nemeth

Les deux chefs touaregs ont néanmoins décidé de confier au colonel Kadhafi le dossier de la libération d’une soixantaine de prisonniers militaires. Le gouvernement du président nigérien Mamadou Tandja affirme que les rebelles du MNJ sont des trafiquants d’armes et de drogue et exige qu’ils déposent les armes, avant d’engager des pourparlers avec eux. Les rebelles estiment, de leur côté, que les habitants du Nord ne profitent pas des ressources naturelles du pays, notamment de l’uranium dont le Niger espère devenir le deuxième producteur mondial d’ici 2011.

Médiation algérienne

De son côté, le gouvernement du Mali a annoncé dimanche dernier la libération de 26 militaires maliens qui étaient détenus par les Touaregs. Le président Amadou Toumani Touré a remercié le président algérien Abdelaziz Bouteflika pour ses efforts en vue de cette libération. Depuis le début des hostilités en mai 2007 près d’une centaine de soldats maliens avaient été pris en otage par les rebelles touaregs. Grâce à la médiation du gouvernement algérien, un accord sur l’arrêt des hostilités dans le nord du Mali a pu être signé le 21 juillet dernier à Alger entre le gouvernement malien et les rebelles de l’Alliance démocratique du 23 mai. Une nouvelle rencontre entre les rebelles touaregs et les représentants du gouvernement de Bamako doit se tenir fin août dans la capitale algérienne.