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Soudan / France

Discussions à Paris sur le Darfour

Article publié le 07/10/2008 Dernière mise à jour le 09/10/2008 à 13:59 TU

Nafie Ali Nafie, conseiller du président soudanais pour le Darfour, a été reçu à Paris par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.(Photo : AFP)

Nafie Ali Nafie, conseiller du président soudanais pour le Darfour, a été reçu à Paris par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
(Photo : AFP)

Ça discute entre Paris et Khartoum. Une délégation emmenée par Nafie Ali Nafie, conseiller du président soudanais pour le Darfour, achève une visite la capitale française. Ce conseiller a rencontré le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, ainsi que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. La France propose de soutenir une suspension des poursuites de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président Omar el-Béchir, en échange de gestes concrets sur la question du Darfour. Khartoum se dit prête à relancer la paix dans la province de l'Ouest, mais ne livrera jamais ses ressortissants à la CPI, qu'elle ne reconnaît pas.

Il ne faut pas le dire officiellement, mais il s'agit bien d'un grand marchandage. Nafie Ali Nafie est venu à Paris pour apporter la réponse soudanaise à la proposition française qui consiste à soutenir à l'Onu une suspension de la procédure engagée par la Cour pénale internationale contre le président el-Béchir, en échange d'une normalisation au Darfour. Le Soudan est prêt à remplir trois des quatre exigences présentées par la France. La relance du processus de paix est ainsi acquise et pour cela Khartoum s'appuie sur l'initiative lancée par le Qatar et la Ligue arabe.

Quant à la présence des rebelles à la table des négociations, elle est encore loin d'être gagnée, mais le Soudan compte sur Paris pour convaincre le leader des rebelles du Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE/JEM) Khalil Ibrahim. Le déploiement de la force hybride Onu – Union africaine (Minuad)  ne sera plus entravé. Nafie Ali Nafie en donne l'assurance. Quant à la normalisation des relations avec le Tchad, point important pour la France, Khartoum se dit prêt à jouer le jeu mais n'évoque aucun geste précis de nature à rassurer le président tchadien Idriss Déby. L'inverse étant tout aussi vrai.

En revanche, pas question pour Khartoum de livrer qui que ce soit à la CPI. Le ministre soudanais aux Affaires humanitaires, Ahmed Haroun, et le chef de milice pro-gouvernementale janjawid, Ali Kosheib - dont l’arrestation est réclamée par la CPI depuis mai 2007 - « seront jugés au Soudan, si nécessaire », assure Nafie Ali Nafie. Reste que l'on est encore loin des mesures concrètes. Ainsi un cessez-le-feu au Darfour n'est envisagé par Khartoum que du bout des lèvres et à condition que les rebelles acceptent de négocier. 

Le conflit au Darfour entre les forces gouvernementales soudanaises et les rebelles de cette province a fait, selon les Nations unies, près de 300 000 morts depuis 2003. Khartoum reconnaît seulement 10 000 victimes. Le procureur de la CPI a demandé en juillet dernier un mandat d’arrêt contre le président soudanais, accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans cette province de l’ouest du Soudan.