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Politique monétaire

La BCE et la Banque d’Angleterre appuient sur la détente

par Myriam Berber

Article publié le 06/11/2008 Dernière mise à jour le 06/11/2008 à 16:36 TU

Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne.(Photo : Reuters)

Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne.
(Photo : Reuters)

Pour redonner du souffle à l’économie, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, jeudi 6 octobre 2008, une baisse d’un demi-point de son principal taux d’intérêt pour le ramener à 3,25%. En abaissant le loyer de l’argent, la BCE espère relancer le crédit interbancaire, et donc dynamiser les prêts aux entreprises et aux ménages. Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre a également abaissé de manière spectaculaire son taux, le ramenant ainsi à 3%.

La Banque centrale européenne (BCE) a donc choisi de baisser ses taux, jeudi 6 novembre 2008, à l’issue de la réunion de son Conseil des gouverneurs. Le principal taux directeur de la BCE qui détermine le niveau de crédit dans les quinze pays de la zone euro, a baissé d’un demi-point à 3,25%. Le 8 octobre dernier, ce taux était déjà descendu d’un demi-point à 3,75% dans le cadre d’une action concertée avec six autres grandes banques centrales.

Cette politique s’inscrit dans le sillage des assouplissements déjà décidés au Japon, en Chine ou encore aux Etats-Unis. Outre-Atlantique, le principal taux d’intérêt est désormais à 1% et pourrait diminuer encore. Ce desserrement monétaire marque un revirement complet et brutal de la politique monétaire de la BCE. Il faut dire qu’aujourd’hui le contexte a complètement changé, comme l’a expliqué son président Jean-Claude Trichet : « La perspective pour la stabilité des prix continue à s’améliorer. L’inflation devrait rentrer dans le rang dans le courant 2009. Parallèlement, l’intensification de la crise financière fait toujours peser des incertitudes extraordinairement élevées sur la croissance de la zone euro et du monde entier ».

La menace de l’inflation s’éloigne

L’inflation, contre laquelle la BCE a mission de lutter en priorité, a baissé sous l’effet de la chute des matières premières et du ralentissement de l’activité en général. Selon l’Office européen des statistiques (Eurostat), le taux de l’inflation atteignait 3,2% en octobre, après avoir culminé à 4% en juillet. Les pressions salariales sont également en baisse. La détérioration du marché de l’emploi réduit la marge des salariés dans leurs revendications et donc les effets de second tour, autrement dit, une inflation alimentée par des salaires élevés, tant redoutée par la BCE. 

La BCE a donc envoyé le signal que les marchés semblaient attendre. Plus ses taux d’intérêt sont bas, plus le coût du crédit a des chances d'être bon marché ce qui, en théorie, favorise la croissance. En abaissant le loyer de l’argent, la BCE manifeste clairement qu’elle prend en considération les conséquences de la crise financière sur l’ensemble de l’économie réelle.

Une baisse spectaculaire des taux au Royaume-Uni

Les dernières statistiques prouvent un réel ralentissement dans la zone euro. La Commission européenne a enregistré un recul du produit intérieur brut (PIB) sur les trois derniers trimestres 2008, ce qui techniquement correspond à une récession. Cela dit, comme le premier trimestre de cette année a été bon, la croissance dans la zone euro atteint 1,2% pour 2008.  En revanche, pour 2009, la  Commission envisage une croissance quasi-nulle à 0,1%, la pire performance de la zone euro depuis sa création. Une chose est sûre, la BCE reste très préoccupée par les risques qui pèsent sur l’économie.  A tel point que Jean-Claude Trichet a ouvert la voie à une nouvelle baisse prochaine des taux directeurs. « Je ne peux pas exclure que nous réduisions à nouveau les taux », a-t-il déclaré.

L’ampleur de la crise financière et ses conséquences sur l’économie réelle ont également poussé la Banque d’Angleterre à baisser son principal taux directeur d’un point et demi à 3%. Une baisse d’une telle ampleur n’avait pas eu lieu depuis 1981. Les économistes tablaient sur une baisse d’un point entier au mieux. Mais il y a urgence. Il faut dire que le Royaume-Uni très touché par la crise des «subprimes » s'installe dans la récession. Le pays a enregistré une croissance négative de 0,5% au troisième trimestre 2008. Patronat et syndicats ont salué cette décision et appelé les banques à répercuter cette baisse pour assouplir les conditions de crédit, et donc donner de l’oxygène à ceux qui veulent emprunter et investir.