Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

Serbie

Dans les coulisses du TPI

Le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie devra peut-être juger un jour Slobodan Milosevic. A La Haye, siège du TPI, Catherine Potet a suivi le travail au quotidien des magistrats.
Ecouter l'émission Reporteurs (15 minutes)

Le TPI a été créé en 1993 pour rendre justice aux victimes de l'épuration ethnique en Bosnie et en Croatie.Il a également été créé pour tenter de faire oublier que des massacres ont été perpétrés sous les yeux des casques bleus de l'ONU, qui avaient ordre de ne pas intervenirà Le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie aurait pu n'être qu'un alibi, mais les juges en ont décidé autrement. Ils ont entamé un long combat contre l'impunité. Un combat difficile, car ils dépendent du bon vouloir de la communauté internationale. C'est le cas en Bosnie, par exemple, là où stationnent encore des troupes de l'ONU qui, curieusement, semblent n'avoir jamais croisé la route de Ratko Mladic ou Radovan Karadzic, les leaders serbes inculpés par le TPI et qui n'ont toujours pas été arrêtés.

Le TPI est donc sans cesse confronté à ces limites politiques. Il doit également compter avec le manque de temps et le manque de moyens: huit ans après sa création, seuls 23 accusés ont été jugés, seules sept condamnations définitives ont été prononcées. Médecins sans frontières rappelle qu'après le massacre de Srebrenica, en 1995, il a fallu attendre cinq mois pour que des enquêteurs du TPI soient envoyés sur place. Mais le tribunal, fort aujourd'hui d'un effectif de plus de 1000 fonctionnaires, ne baisse pas les bras. La justice avance lentement avec le concours (méconnu mais capital), des victimes qui surmontant leur peur, viennent témoigner à La Haye.





par Catherine  Potet

Article publié le 05/04/2001