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Proche-Orient

Les faiblesses de l’armée israélienne

En 48 heures, le conflit israélo-palestinien a connu une explosion de violence sans précédent. Si depuis le début de l’Intifada il y a dix-sept mois, les ripostes succèdent aux représailles dans une interminable spirale de violence, les derniers revers subis par l’armée israélienne mettent au grand jour la fragilité de Tsahal, réputée l’armée la plus invulnérable du Moyen-Orient.
Plus de 35 victimes en moins de 48 heures. Le conflit est entré dans une nouvelle phase avec le choix, par les Palestiniens de cibler leurs attaques sur les instruments israéliens de l’occupation des territoires, comme les colonies juives, les barrages routiers ou encore les convois.

Réputée la plus puissante armée du Moyen-Orient, l’armée israélienne vient de subir plusieurs revers dont sans doute le plus spectaculaire le 14 février dernier, avec la destruction, d’un Merkava, un char israélien qualifié d’«indestructible» par les spécialistes. Et mardi, six soldats israéliens ont été tués à deux barrages lors d’une attaque surprise qui s’est produite au cœur même des Territoires occupés. Mercredi matin, la presse israélienne s’interrogeait sur les faiblesses de Tsahal.

La riposte de l’armée israélienne n’a pas tardé. Dans la nuit de mercredi, Tsahal a lancé des représailles de grande envergure contre des cibles palestiniennes dans la bande de Gaza. Tôt jeudi matin, l’armée a effectué ses raids les plus meurtriers depuis le début de l’Intifada à Gaza, Khan Younès, Naplouse et Ramallah, tuant 14 Palestiniens dont plusieurs policiers.

Ton de défi

Israël a justifié ses attaques de la nuit en condamnant «l’inaction» de l’Autorité palestinienne dans sa lutte contre les attentats kamikazes. Et pour la première fois, les bureaux de Yasser Arafat à Gaza ont été la cible de tirs à la mitrailleuse lourde lors des représailles israéliennes. A Ramallah, où Yasser Arafat est toujours bloqué par l’armée israélienne depuis le 3 décembre dernier, Tsahal a touché le dortoir des gardes du corps du président de l’Autorité palestinienne. Celui-ci a fait savoir dans un communiqué qu’il ne craignait pas les raids israéliens. «Personne ne peut faire peur au peuple palestinien», a affirmé Yasser Arafat.

Même ton de défi à Gaza où la direction palestinienne affirme qu’elle poursuivra sa «résistance jusqu’à la fin de l’occupation militaire et jusqu’au départ des colons». «Nous ne capitulerons pas devant les hélicoptères, avions de combat ou chars», affirme la direction palestinienne qui appelle à une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU. «Israël a entamé une nouvelle phase de la guerre contre les Palestiniens» a estimé Abou Roudeina, appelant la communauté internationale, notamment les Etats-Unis, à intervenir.

De son côté, le Premier ministre Ariel Sharon a une nouvelle fois réuni son cabinet de sécurité. Le chef du gouvernement israélien doit faire face à la colère du Conseil des implantations juives de Cisjordanie et Gaza : la principale organisation de colons appelle Ariel Sharon à tout mettre en œuvre pour «démanteler» l’Autorité palestinienne et à en «expulser» Yasser Arafat. Dans un communiqué publié après la recrudescence d’attaques palestiniennes, le Conseil proteste contre «l’inertie du gouvernement face au terrorisme». Les colons déplorent la perte de huit des leurs en deux semaines d’attaques.

Mais à l’issue de cette réunion de sécurité, Ariel Sharon a déclaré qu’il riposterait aux attaques palestiniennes sans «conduire le pays à la guerre», laissant entendre qu’il n’irait pas jusqu’à démanteler l’Autorité palestinienne ou réoccuper les territoires autonomes.

Enfin, l’Union européenne a exprimé sa «plus grande indignation face à cette nouvelle explosion de terrorisme et de violence».

Pour en savoir plus :
-le site de Tsahal l’armée israélienne
-le site de l’ Autorité palestinienne



par Sylvie  Berruet

Article publié le 20/02/2002