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Entreprises

France Télécom à la recherche d’un nouveau patron

L’Etat français recherche pour prendre la direction de France Télécom un industriel connaissant le marché et de dimension internationale. Le ministre de l’économie et des finances, Francis Mer, a ainsi tracé le profil de celui qui est amené, dans les prochaines semaines, à succéder à Michel Bon, patron démissionnaire de l’opérateur de télécommunications.
Le départ de Michel Bon est la conséquence des mauvais résultats de l’entreprise, liés en grande partie à la débâche de MobilCom, l’opérateur allemand dont France Télécom est actionnaire à 28,5%. France Télécom a annoncé des pertes record de 12,2 milliards d’euros au premier semestre 2002 et une dette de près de 70 milliards d’euros.

L’Etat français, actionnaire majoritaire à 55,5% du capital, a accepté la démission du PDG mais ne lui a pas désigné de successeur dans l’immédiat ni adopté le moindre plan de redressement pour l’instant. La stratégie de l’actionnaire public n’est pas encore arrêtée et l’hypothèse souvent avancée d’une recapitalisation de France Télécom semble présenter des difficultés. Le PDG démissionnaire était opposé à une telle augmentation de capital et, selon certaines sources, plusieurs personnalités susceptibles de reprendre la direction du groupe ont décliné l'offre parce qu’elles étaient aussi hostiles à cette opération. Les petits porteurs actionnaires de France Télécom, qui ont déjà vu le cours de leurs actions s’effondrer, tirent la sonnette d’alarme contre une nouvelle dilution du capital qui restreindrait leur participation.

Toutefois, première décision d’urgence, France Télécom a décidé d’abandonner à son sort l’opérateur allemand MobilCom qui semble n’avoir plus d’autre choix que le dépôt de bilan ce qui met en péril 5000 emplois. A quelques jours des élections législatives en Allemagne, le chancelier Gerhard Schröder a proposé de diriger des négociations entre l'opérateur allemand et ses banques créancières pour éviter la catastrophe. On avait d’ailleurs un temps prêté au gouvernement français l’intention de ne pas abandonner MobilCom pour des raisons plus politiques que financières de bonnes relations entre Paris et Berlin.

Engagements de l’Etat français

Pour ce qui concerne la France l’Etat s’est engagé à contribuer au renforcement «très substantiel», on parle de 15 milliards d’euros, des fonds propres de l’entreprise, «dans un calendrier et selon des modalités à décider en fonction des conditions de marché». En effet, le moment n’est pas le plus favorable à une mise en bourse d’une nouvelle vague d’actions de France Télécom, comme cela avait été fait avec succès en 1997 lors de l’ouverture partielle du capital au privé.

Et pourtant, les résultats opérationnels, c’est-à-dire non financiers, de France Télécom sont bons et l’exploitation de la téléphonie Orange, de l’internet Wanadoo et du téléphone fixe sont bénéficiaires. Le ministre de l’Economie et des Finances a mis en cause les choix d’investissements faits par l’Etat, quand la précédente majorité était au pouvoir, et non pas Michel Bon lui-même qui «a fait un excellent travail» depuis qu’il a accédé à la tête de l’entreprise en 1995.

Quoiqu’il en soit, le manque d’informations précises des marchés boursiers sur les intentions de l’actionnaire majoritaire a entrainé une nouvelle dépréciation du titre. France Télécom perdait, vendredi, encore 13,26% à 9,22 euros. L'action a fondu de plus de 80% depuis le début de l'année.

Ecouter également:

Nicolas Vescovacchi, journaliste de RFI, analyse la situation de France Télécom



par Francine  Quentin

Article publié le 13/09/2002