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Immigration

L’intégration sur contrat

En visite à Troyes, le 14 octobre, Jacques Chirac a élevé l'intégration au rang des priorités du gouvernement Raffarin. Pour cela, il a souhaité l'instauration d'un «contrat d'intégration», déjà mis en œuvre dans certains pays européens, qui permettrait à «chaque nouvel arrivant» d'accéder à des formations et à un «apprentissage rapide de notre langue».
Réactif à l'actualité, le chef de l'Etat s'est saisi, lors de son déplacement dans l’Aube, du problème de l'immigration - un thème esquivé durant la campagne électorale à droite comme à gauche - pour marteler son credo républicain. Il a ainsi appelé à «donner une nouvelle vigueur» au modèle d’intégration comme c’est déjà le cas aux Pays-Bas ou en Belgique. «J’ai avec le gouvernement trois priorités : la sécurité et le droit dans les cités, la politique de la ville et l’intégration», a-t-il dit. Ce «contrat d’intégration» prévoit donc que «chaque nouvel arrivant» puisse accéder à des formations et à un apprentissage du français. En contrepartie de ce pacte, les immigrés devront respecter les lois françaises et trouver une activité légale rémunérée.

Comme il l’avait annoncé durant sa campagne présidentielle, le président français a de nouveau proposé la création d’une «autorité indépendante» chargée de «lutter contre toutes les formes de discriminations, qu’elles proviennent du racisme, de l’intolérance religieuse, du sexisme ou de l’homophobie». En parallèle, il a réaffirmé que la détermination des pouvoirs publics était aussi de lutter «sans faiblesse» contre l’immigration clandestine au niveau national et dans un cadre européen. «Chacun doit être conscient que nous ne pourrons pas conduire la politique d’intégration dont notre pays a besoin si nous ne menons pas, dans le même temps, une action résolue et sans faiblesse contre l’immigration clandestine», a-t-il tenu à préciser.

SOS-Racisme se félicite de cette proposition

Le chef de l’Etat n’a cependant pas évoqué le droit de vote aux élections locales des étrangers non communautaires, comme l’avait inscrit dans un document rendu public la semaine dernière, le député UMP de Seine-et-Marne, Yves Jégo. Une disposition pourtant souhaitée par les associations de défense des droits de l’homme et jugée comme étant un élément majeur favorisant l’intégration des immigrés depuis longtemps installés en France.

Jacques Chirac est ainsi intervenu sur ce dossier alors que son ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, fait face à une forte mobilisation des sans-papiers depuis deux mois, qu’il a entamé des négociations avec certains pays d’émigration pour un retour aidé des étrangers clandestins, et qu’il prépare également des mesures permettant de faciliter l’application des mesures d’éloignement des clandestins. D’autre part, le ministre de l’Intérieur, invité sur France 2, le 14 octobre, a déclaré qu’il souhaitait que s’ouvre en France un large débat sur la politique d’immigration et a regretté que jusque là, ce «débat ait été confisqué en France. Les Républicains de tout bord n’ont pas osé l’ouvrir». Toutefois, Nicolas Sarkozy a prévenu que «si la France a besoin d’immigrés, elle ne peut pas accueillir tous les immigrés». Concernant la régularisation globale de tous les immigrés clandestins, il a de nouveau affirmé qu’il n’en était pas question.

A l’annonce de la création de ce nouveau «contrat», Malek Boutih, président de SOS-Racisme, s’est félicité de cette «bonne nouvelle». Sans préjuger de ce que recouvre le concept de «contrat d’intégration», il compte cependant bien sur le fait que seront prévues, dans cette nouvelle disposition, alphabétisation et formation professionnelle.



par Clarisse  Vernhes

Article publié le 15/10/2002