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Union européenne

L’exposé de Giscard aux députés français

L’ancien président français et actuel président de la Convention sur l’avenir de l’Europe s’est exprimé, en tant que tel, pour la première fois, devant les députés. Valéry Giscard d’Estaing a énuméré ses choix pour l’Europe future. S’en est suivi un débat avec les représentants des différents groupes politiques.
C’est au cours de la semaine de l’Europe, lancée le 2 décembre en France, par Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, que l’ancien chef d’Etat français a choisi d’intervenir à la tribune du Palais Bourbon. A 76 ans, Valéry Giscard d’Estaing, toujours aussi fringant, a exposé devant un hémicycle quasiment vide, les travaux de la Convention sur l’avenir de l’Europe dont il est le président. Hôte inhabituel de l’Assemblée nationale, du moins dans ses nouvelles fonctions, il a tout d’abord rappeler aux députés présents, l’historique de la Convention - qui a commencé ses travaux en février dernier et qui devrait rendre son projet de Constitution au Conseil européen à l’été 2003 - et exprimé ses choix pour l’architecture de la future Europe.

Valéry Giscard d’Estaing a donc exposé les trois enjeux principaux auxquels l’Europe est actuellement confrontée : rendre lisible le projet aux Européens, répondre à la demande de l’opinion à une action efficace et réussir l’élargissement en cours. Des enjeux qui seront pris à l’aide d’un consensus, «large accord du plus grand nombre sur des questions cruciales» et non «à la majorité». Il a ensuite décliné les désirs de la Convention, et en premier lieu «la nécessité absolue d’obtenir l’adhésion des citoyens au projet européen» puis a souhaité «une plus forte implication des parlements nationaux». Pour finir, l’ancien chef d’Etat a demandé à ses anciens condisciples de l’aider à mener à son terme les travaux de la Constitution et à ne pas ménager leurs efforts pour construire la future Constitution européenne.

Dominique de Villepin et l’engagement des Européens

Cette intervention à dix jours du sommet de Copenhague - qui devrait entériner l’adhésion de dix nouveaux pays dans l’Union européenne -, a duré une heure et a été suivie d’un débat avec huit orateurs représentatifs des quatre groupes politiques présents à l’Assemblée nationale, dont Edouard Balladur, président de la Commission des Affaires étrangères au Palais Bourbon et Pierre Lequiller, député UMP et membre de la Convention sur l’avenir de l’Europe.

La France a donc décidé de mettre le débat sur la future Europe élargie au centre de ses principales préoccupations, cette semaine, avec sept jours consacrés à l’Europe mais aussi avec la première participation de son chef de la diplomatie à la Convention de Bruxelles. Le 2 décembre, le ministre français des Affaires étrangères, en visite à Marseille, a réaffirmé l’engagement de la France et la portée historique de l’élargissement à 25 pays. «Plus que jamais, l’Europe est un devoir et une fierté (…) Il faut une Europe forte afin de pouvoir peser sur le monde», a-t-il déclaré devant un parterre d’étudiants.

A propos de l’élargissement de l’Union européenne à la Turquie, Dominique de Villepin qui vient de rejoindre pour la France la Convention sur l’avenir de l’Europe - en remplacement de Pierre Moscovici, ancien ministre socialiste des Affaires européennes de Lionel Jospin - a affirmé que «l’engagement pris par les Européens ne saurait être remis en cause». Une réponse claire et nette du gouvernement français face au refus de Valéry Giscard d’Estaing, exprimé le 8 novembre dernier dans le quotidien Le Monde, de faire entrer la Turquie au sein de l’Union.

Lire également :

Giscard : la revanche
(L’éditorial politique de Geneviève Goëtzinger)

Dominique de Villepin annonce son programme européen
(La chronique Europe de Valérie Lainé)



par Clarisse  Vernhes

Article publié le 03/12/2002