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Laïcité

Mobilisation contre le projet de loi sur la laïcité

Près de 20 000 personnes se sont rassemblées, samedi 17 janvier, en France pour manifester, à l’appel d’organisations islamistes, contre le projet de loi interdisant en France le port de signes religieux ostensibles à l’école. L’appel à manifester a été lancé à l'origine par un groupuscule radical, le Parti des musulmans de France rejoint depuis par d'autres mouvements. Pour sa part, Dalil Boubakeur, le Président du Conseil français du culte musulman -l’instance représentative de l’Islam hexagonal-, qui avait déconseillé de manifester, a minimisé l’ampleur de ces rassemblements. A dix jours de l'examen du texte par le Conseil des ministres, des manifestations de solidarité se sont également déroulés dans plusieurs villes à l’étranger, devant des représentations diplomatiques françaises en Europe et au Proche Orient.
Pour le voile, contre la loi sur la laïcité à l’école... Ils étaient environ 10 000 à Paris, 20 000 dans toute la France à manifester, samedi 17 janvier, contre le projet de loi interdisant les signes religieux dans les établissements scolaires publics. Une participation conforme aux prévisions et supérieure à la manifestation du 21 décembre dernier qui avait réuni 3 000 personnes dans la capitale. Aux cris de «France tu es ma patrie, Hijab tu es ma vie» et «Ni père, ni mari, le foulard on l’a choisi», les manifestants –pour la plupart des jeunes femmes voilées encadrées par un service d’ordre masculin– ont défilé dans les rues de Paris et de nombreuses villes de province: entre 4 000 et 10 000 à Lille, 2 800 à Marseille, autant à Mulhouse.

A l’étranger, des manifestations contre l’interdiction du port du voile ont également été nombreuses essentiellement au Proche Orient et en Europe, devant les ambassades de France à Ankara en Turquie, à Amman en Jordanie, à Beyrouth, Berlin et Londres. Dans la capitale britannique, près de 3 000 personnes ont ainsi répondu à l’appel du groupe islamiste radical Hizb ut-Tahrir, une organisation très marginale en Grande-Bretagne et interdite dans plusieurs pays.

Moins de 0,6% de la communauté

Cette marche protestataire était organisée à l’appel du petit Parti des musulmans de France (PMF) et de la grande Union des organisations islamiques de France (UOIF), un mouvement proche du courant international des Frères musulmans. Pour ne pas se couper totalement de sa base, la principale fédération des musulmans de France, l’UOIF a donné, vendredi 16 janvier, sa bénédiction aux manifestations organisées dans toute la France.

L’UOIF s’est démarqué sur ce point du Conseil français du culte musulman (CFCM), dont elle est partie prenante. Le président de l’instance représentative de l’Islam hexagonal et recteur de la Mosquée de Paris, Daril Boubakeur qui avait déconseillé de manifester, a minimisé l’ampleur de ces rassemblements estimant que moins de 0,6% de la communauté est descendue dans la rue. Selon Daril Boubakeur, «ces manifestations n’expriment en aucune manière l’avis de l’énorme majorité silencieuse de la communauté musulmane».

Le projet de loi visant à interdire les signes d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires publics sera examiné dès février par le Parlement afin d’entrer en vigueur à la rentrée prochaine. Ces derniers jours, le ministre de l’Education Luc Ferry, rédacteur du projet de loi, a plusieurs fois tenté de calmer le jeu en assurant que le gouvernement n’est pas hostile aux musulmans. Pour sa part, le monde enseignant français reste divisé sur la question du voile et des signes religieux à l’école. Pour preuve, le Conseil supérieur de l’éducation, qui réunit l’ensemble des partenaires sociaux de l’éducation nationale, a approuvé de justesse, jeudi 15 janvier, le projet de loi sur la laïcité. Seize voix pour, seize abstentions et surtout 29 refus de vote, émanant notamment de la première fédération enseignante, la FSU.

Ecoutez également:

Le reportage de Pascale Lavergne (17/01/2004, 1'34'')

Bernard Stasi, président de la commission-laïcité. Invité de Caroline Paré. (19/01/2004, 7'44'')



par Myriam  Berber

Article publié le 17/01/2004