Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

Guantanamo

Les quatre Français à nouveau incarcérés

Leurs défenseurs, Jacques Debray et William Bourdon, considèrent leur incarcération d'une « très grande inhumanité ».
 

		(Photo: AFP)
Leurs défenseurs, Jacques Debray et William Bourdon, considèrent leur incarcération d'une « très grande inhumanité ».
(Photo: AFP)
Quatre jours après leur rapatriement en France, quatre anciens détenus de Guantanamo ont été mis en examen à Paris par deux juges antiterroristes pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Ils ont été écroués dimanche matin dans quatre prisons parisiennes.

La garde à vue de quatre jours a permis aux magistrats instructeurs de remplir un dossier qui était quasiment vide. Désormais pour la justice, Sassi, Yadel, Benchellali et Kanouni sont clairement identifiés comme des soldats d'al-Qaïda et leur parcours est mieux établi. Tous ont en effet séjournés de six à dix-huit mois dans des camps d'entraînement en Afghanistan avant d'être arrêtés par les Américains en décembre 2001, près de la frontière pakistanaise.

Ce que reprochent principalement les juges Jean Louis Bruguière et Jean François Ricard aux quatre Français de Guantanamo, c'est d'avoir participé à une filière de recrutement et de formation de combattants pour le Jihad.

Imad Kanouni, qui, lui, a transité par l'Allemagne, pourrait être mis en cause dans d'autres procédures. Il est notamment soupçonné d'être lié à la cellule qui a préparé un attentat qui devait viser le marché de Noël de Strasbourg en décembre 2000.

La liberté sous contrôle judiciaire refusée

Pendant les débats contradictoires devant le juge des libertés et de la détention qui se sont prolongés dans la nuit de samedi à dimanche, les avocats des quatre islamistes ont tenté de faire valoir l'extrême fragilité psychologique de leurs clients qui viennent de passer plus de deux ans à Guantanamo. Ils ont notamment demandé une expertise médicale.

Selon Maître Jacques Debray, ils sont dans un «état psychologique préoccupant». A Guantanamo, on leur aurait placé la tête dans un étau à plusieurs reprises, on leur aurait administré un traitement médicamenteux lourd qui les faisait dormir. Tous ont parlé de traitements assimilables à ceux de la prison d'Abou Ghraïb, à Bagdad : interrogatoires menés avec des fusils à pompe, intimidation par des chiens, violence des gardiens et insultes nombreuses envers les mères des détenus.

Les avocats ont également tenté de faire valoir tous les arguments juridiques possibles pour obtenir la liberté sous contrôle judiciaire mais en vain. Ils ne cachent pas qu'à leurs yeux ces placements en détention ressemblent à un geste diplomatique à l'égard des Etats-Unis. Trois Français sont en effet toujours détenus à Guantanamo Bay. La France, selon eux, se distingue en effet de l'ensemble des pays européens qui ont tous relâché leurs ressortissants rapatriés après quelques heures d'audition.



par Franck  Alexandre

Article publié le 01/08/2004 Dernière mise à jour le 01/08/2004 à 14:59 TU