Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

Espace

Discovery : un retour sans encombre sur Terre

L'atterrissage de la navette américaine <EM>Discovery</EM> en Californie.(Photo: NASA)
L'atterrissage de la navette américaine Discovery en Californie.
(Photo: NASA)
Après les problèmes techniques, les réparations et les nombreux reports, la navette Discovery a finalement atterri, sans problème, sur la base militaire d’Edwards en Californie, après 14 jours de mission dans l’espace. La piste habituelle de Cap Canaveral en Floride était, en effet, inutilisable depuis lundi en raison des mauvaises conditions météorologiques. Cette dernière mission réussie ne doit pas masquer le programme de navettes bloquées au sol jusqu’à nouvel ordre.

L'équipage de la navette Discovery. Au premier plan au centre, la commmandante de bord Eileen Coolins.
(Photo: AFP)
Atterrissage réussi pour Discovery. Depuis deux jours, les sept astronautes ne pensaient plus qu’à cela : regagner la Terre au terme d’une mission de deux semaines parsemée d’embûches. La navette s'est posée en douceur, mardi 9 août à 12h12 temps universel, sur la base aérienne d'Edwards, en Californie au terme d'un grand plongeon d'une heure à la vitesse de 29 000 km/h. «Nous sommes heureux d'être de retour», a déclaré sobrement la commandante de bord Eileen Collins à l’arrivée de la navette sur le sol californien. Les ingénieurs de la Nasa ont, en raison des mauvaises conditions météorologiques, finalement renoncé à un atterrissage au Cap Canaveral, comme c'est l'habitude. Une épaisse couche nuageuse et la menace d’averses au dessus de la Floride ont, en effet, empêché, par quatre fois en deux jours, Discovery de se poser sur la piste du Centre Kennedy d'où elle avait été lancée il y a 14 jours.

Le retour de l’orbiteur était attendu avec anxiété. Avec le décollage, cette phase est la plus délicate : en raison des frottements, la température peut atteindre les 1 600° celsius sur les bords d’attaque de la navette. La rentrée dans l'atmosphère s'est parfaitement déroulée pour la commandante de bord Eileen Collins et son équipage. Tout le monde garde en mémoire la désintégration en vol de Columbia, en février 2003 et la mort des sept astronautes qui l'occupaient. «Columbia est toujours dans un coin de notre tête, mais cela va marcher aussi bien que pendant l’entraînement», avait prédit le co-pilote James Kelly, quelques jours avant le retour.

Une capsule pour remplacer la navette

Si elle s’est parfaitement achevée, cette mission a été particulièrement difficile. Le vol a, en effet, été marqué par nombre d’incidents techniques. En dépit du milliard de dollars dépensés par la Nasa pour améliorer la sécurité, Discovery a été victime d’un incident peu après son décollage. Deux débris se sont détachés quelques minutes après le lancement de l’orbiteur. Un fragment de tuile du bouclier thermique d’environ 3,8 centimètres s’est détaché d’une zone située près du train d’atterrissage avant. Un gros morceau de mousse isolante est également tombé au moment de l’ascension en orbite.

Sa mission principale - le ravitaillement de la Station spatiale internationale (ISS) - a été éclipsée par le suivi des réparations du bouclier thermique. Sur les quatorze jours dans l’espace, neuf jours ont été consacrés à la réparation des équipements défaillants sur le laboratoire orbital. Pour la première fois dans l’histoire de l’exploitation de la navette spatiale, les astronautes Steve Robinson et Soigi Noguchi ont procédé à une réparation sur le «ventre» de Discovery. L’objectif était de retirer deux joints dépassant d’environ 2,5 cm du bouclier thermique pour éviter tout risque de surchauffe au moment de la rentrée dans l’atmosphère. Ces problèmes de sécurité ont poussé la Nasa à interrompre les vols dans l’espace jusqu’à nouvel ordre.

Le lancement de la navette Atlantis prévu pour le 22 septembre prochain, devrait être repoussé à novembre. A plus long terme, la Nasa va devoir procéder à une réévaluation de ses choix stratégiques. Mise en difficulté par les problèmes de Discovery, proches de ceux ayant causé la perte de Columbia, la Nasa laisse filtrer ses plans de remplacement de la navette: deux engins, l'un pour l'équipage et l'autre pour le fret, qui se rejoindront dans l'espace. Ces projets doivent être officiellement présentés fin août. Le dernier vol de navette est prévu fin 2009. Pour lui succéder en 2011, la Nasa veut lancer une capsule transportant trois astronautes, inspirée du programme Apollo.


par Myriam  Berber

Article publié le 09/08/2005 Dernière mise à jour le 09/08/2005 à 16:45 TU

Audio

Christian Sotty

Spécialiste de l'espace sur RFI

«Le prochain vol qui est prévu normalement pour le mois de septembre risque d’être décalé en novembre.»

Articles