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Ouragan

Wilma : état d’alerte dans le Yucatan

La police et l’armée patrouillent pour éviter vols et pillages dans la zone hôtelière de Cancun.(Photo: AFP)
La police et l’armée patrouillent pour éviter vols et pillages dans la zone hôtelière de Cancun.
(Photo: AFP)
L’arrivée tant redoutée de l’ouragan Wilma sur les côtes mexicaines a déjà provoqué des dégâts importants. A Cancun, la plus célèbre station balnéaire de la région, les vagues ont atteint 5 à 8 mètres de hauteur. L’ouragan poursuit sa route à vitesse réduite (6km/h) mais les vents qu’il génère sont très puissants. Ils ont atteint jusqu’à 280 km/h. Des pluies torrentielles accompagnent aussi le déplacement du cyclone. Wilma est considéré comme l’ouragan le plus puissant des 100 dernières années. Depuis vendredi, l’état d’urgence a été déclaré dans 55 communes du Yucatan. Et tout a été fait pour évacuer les populations locales et les touristes des zones côtières les plus exposées.

De notre correspondant à Mexico

«Je ne le sens pas comme les autres, c’est un monstre qui vient se jeter sur nous et j’ai peur», déclare un commerçant de Cancun qui a préféré rejoindre l’un des cent refuges de la protection civile. Une peur justifiée car cet ouragan a une puissance de destruction jamais vue. Le Centre des Ouragans de Miami estime qu’il est rentré sur le Mexique avec des vents à 250 km/h et des rafales à 300 km/h, des vagues gigantesques de 10 mètres de haut et des pluies torrentielles. Plus fort que Janet, un ouragan de sinistre mémoire, qui, en 1956, avait tout emporté sur son passage dans la péninsule du Yucatan.

Les 70 000 touristes de la riviera maya ont été évacués vers leurs pays d’origine ou dirigés vers les abris de la protection civile. Pendant 2 jours, l’aéroport de Cancun a fait partir plus de 400 avions à destination des Etats-Unis ou du Canada pour évacuer les étrangers. Le jeudi,  l’alerte rouge a été déclenchée. A 17h, un couvre feu était instauré : toute personne surprise à déambuler à une distance de 1 km de la plage ou dans la zone hôtelière de Cancun était automatiquement conduite en prison. Depuis la police et l’armée patrouillent pour éviter vols et pillages. La Marine Nationale a mis à leur disposition 6 voitures amphibies et des camions 4x4  type Hummer qui peuvent résister aux rafales de vent et aux pluies diluviennes.

Des dégâts matériels importants

Ce cyclone a une puissance destructrice incomparable, les dégâts matériels devraient être considérables. D’autant que les météorologues craignent que la lenteur avec laquelle avance l’ouragan Wilma multiplie son effet dévastateur. Ils pensent d’autre part, que Wilma pourrait pivoter sur lui-même dans les 36 heures, conduisant la frange gauche de l’œil du cyclone sur la station balnéaire de Cancun. Pour faire face à cette catastrophe, le gouvernement  de Vicente Fox s’est fixé pour objectif de parvenir à un bilan Zéro Victimes. Vicente Fox a insisté sur le caractère humain, faisant un appel à la population pour qu’elle abandonne maisons et effets personnels et ne risque pas sa vie inutilement. Il a affirmé que tout était prêt pour venir en aide aux victimes et que le Fond pour les Désastres prendrait en charge une partie des dégâts, quitte pour cela à dépenser les bénéfices extra de la vente du pétrole.

Le tourisme est la 3e source de revenus du Mexique, les étrangers laissent, bon an mal an, 10 milliards de dollars en devises et Cancun est le fleuron des stations balnéaires mexicaine : 40 000 vols s’y posent chaque année transportant 5 millions de touristes (dont 70 % d’étrangers). Le Mexique qui a réussi à capter une grande partie des touristes américains et européens qui se rendaient en Asie avant le Tsunami, veut à tout prix que Cancun et la Riviera Maya gardent l’image d’un lieu de villégiature «sécurit» où il ne peut rien arriver de grave. C’est pourquoi les mesures de préventions ont été aussi drastiques et que toute personne voulant risquer sa vie pour défendre son bien, a été contrainte, de gré ou de force, à abandonner son logement pour rejoindre les refuges de la protection civile.

On ne connaît pas encore l’ampleur des dégâts que Wilma aura laissé sur son passage. Mais tout a été pensé pour que le 12 décembre, lorsque commencera la haute saison, Cancun puisse accueillir, comme tous les ans, ses millions de touristes. Cette volonté politique de Vicente Fox est louable mais montre combien les Mexicains sont inégaux devant l’ouragan. Cancun sera aidé, alors qu’au Chiapas, pauvre et indigène, les secours peinent à arriver 20 jours après le passage de la dépression tropicale Stan qui a fait 2 millions de sinistrés. Cent ONG du Réseau National des Organismes des Droits de l’Homme, dénoncent cette attitude et questionnent le gouvernement. Elles estiment que celui-ci a préféré faire des économies car la prévention coûte cher et que les pauvres ne rapportent pas d’argent. Elles soulignent que statistiquement, il faut en moyenne 6 mois à une région riche pour se remettre du passage d’un ouragan, un à deux ans pour une région pauvre et 4 à 5 ans pour les pays très pauvres comme le Guatemala ou le Honduras.


par Patrice  Gouy

Article publié le 22/10/2005 Dernière mise à jour le 22/10/2005 à 10:56 TU