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Proche-Orient

L’armée israélienne investit le Liban sud

Mercredi 12 juillet. Explosion de joie dans la banlieue de Beyrouth, après l'opération du Hezbollah. 

		(Photo : AFP)
Mercredi 12 juillet. Explosion de joie dans la banlieue de Beyrouth, après l'opération du Hezbollah.
(Photo : AFP)
L’armée israélienne a mobilisé mercredi une division de réservistes. Les 6 000 hommes se déploieront dans le nord d’Israël le long de la ligne bleue, à la frontière israélo-libanaise. Une importante force terrestre soutenue par un dispositif aérien a pénétré au sud Liban dès les premières heures de la matinée. Tout est en place pour une opération massive au Liban après que le Hezbollah chiite libanais ait revendiqué l’enlèvement de deux soldats israéliens. Une autre offensive est toujours en cours à Gaza ou un troisième soldat Gilad Shalit reste aux mains de trois groupes palestiniens depuis le 25 juin.

L’armée israélienne a pénétré en force au Liban sud mercredi pour tenter de retrouver les deux soldats enlevés par le Hezbollah dans la matinée. En quelques heures l’intensité des combats a redoublé et le rappel des réservistes israéliens ne prêche pas en faveur d’une trêve prochaine. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a convoqué une réunion extraordinaire du gouvernement pour mettre au point la riposte à la brusque attaque du Hezbollah. L’enlèvement des deux soldats et les tirs non revendiqués de dizaine de roquettes de type katioucha et d’obus contre les localités frontalières du nord d’Israël, faisant trois morts civils, ont déclenché des opérations de l’armée israélienne d’une envergure sans précédent depuis six ans.

(Carte : H.Maurel/RFI)
(Carte : H.Maurel/RFI)

Ehud Olmert a aussitôt accusé le gouvernement libanais d’être responsable de l’enlèvement des deux soldats par le Hezbollah et il a averti que le Liban «en paiera le prix». Déjà, son armée a bombardé trois ponts dont un sur la route reliant Tyr à Nabatieh, Saïda et Beyrouth. Quatre villages libanais ont également été canonnés faisant deux morts dans la population civile. En même temps que les raids aériens et les bombardements se poursuivent contre des objectifs du Hezbollah au sud Liban, les forces israéliennes ne relâchent pas la pression sur Gaza. Une tentative pour liquider le chef militaire suprême du Hamas, Mohammed Deif, a échoué lors d’un raid nocturne mercredi. Mais selon une source médicale palestinienne, l’ennemi public numéro un d’Israël aurait été blessé et aurait subi une opération, mais sa vie ne serait pas en danger. Lors de cette attaque, six membres d’une même famille, dont deux enfants ont été tués alors que quatre autres Palestiniens étaient tués dans la bande Gaza.

Des manifestations de joie

Quelques heures après la capture des deux soldats, le Hezbollah a annoncé vouloir les échanger contre des détenus en Israël mais sans préciser lesquels. Proposition aussitôt rejetée par Israël. Le mouvement chiite libanais n’avait plus enlevé de soldats israéliens depuis octobre 2000, date à laquelle trois militaires avaient été capturés dans les fermes de Chabaa, occupées depuis 1967. Leurs corps avaient été échangés en janvier 2004 contre des détenus libanais et arabes en Israël après de longues négociations indirectes. Aussitôt diffusée, l'annonce de la captures des deux militaires israéliens a donné lieu à des manifestations de joie notamment dans la banlieue chiite de Beyrouth et dans des camps de réfugiés palestiniens du Liban.

A propos du lieu de l’enlèvement des deux soldats, les versions diffèrent. Les Israéliens affirment qu’ils ont été capturés près de la ferme collective de Zarit en territoire israélien tout près de la frontière libanaise. De son côté, la police libanaise soutient que la capture s’est produite dans la région de Aïta al-Chaab en territoire libanais donc, proche de la frontière libano-israélienne où une unité israélienne avait pénétré le matin même.

Si l’enlèvement des soldats israéliens suscite l’admiration de l'opinion arabe, l’inquiétude ne cesse de grandir dans les pays occidentaux. Les Etats-Unis, la France et la Commission européenne ont lancé des appels pressants à la libération des deux soldats. L’Onu qui a une force de maintien de la paix au Liban sud, la Finul, a également demandé qu’ils soient relâchés. Le premier ministre libanais Fouad Siniora a contacté le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour lui «demander d’empêcher une escalade de l’agression» israélienne.

Par ailleurs, le président égyptien Hosni Moubarak s’est entretenu par téléphone avec son homologue syrien Bachar al-Assad. Selon l‘agence de presse gouvernementale égyptienne Mena, les deux hommes ont discuté des «moyens de calmer l’escalade et d’empêcher la situation dans les territoires palestiniens et au Liban de se détériorer». La Syrie est une carte maîtresse dans le conflit actuel ; des leaders du Hamas, dont Khaled Mechaal, sont réfugiés à Damas. L’Egypte poursuit ainsi sa médiation entre le l’Etat hébreu et le Hamas. Depuis l’élargissement de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza le 5 juillet, 60 palestiniens dont de nombreux civils, et un soldat israélien ont été tués.

par Claire  Arsenault

Article publié le 12/07/2006Dernière mise à jour le 12/07/2006 à TU

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Pierre Razoux

Spécialiste de l'armée israélienne

«L’histoire de ces vingt dernières années montre qu’Israël n’a pas pu poursuivre dans le long terme une telle intervention.»

[13/07/2006]

Frédéric Domont

Envoyé spécial permanent de RFI à Beyrouth

«Le blocus aérien et maritime infligé par l’armée israélienne s’imposent de plus en plus. On commence déjà à manquer d’essence dans les stations-service.»

[13/07/2006]

Témoignage d'une habitante de Beyrouth

«Les habitants de la banlieue sud pensent que les Israéliens vont revenir pour bombarder (…) Il y a un sentiment plus que de panique, c’est un choc.»

[13/07/2006]

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