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Tchad

Le poker menteur continue

par  RFI

Article publié le 11/02/2008 Dernière mise à jour le 11/02/2008 à 16:27 TU

Une semaine après leur tentative de putsch dans la capitale, les rebelles sont désormais à 700 km de Ndjamena, près d'Am Timam. Après avoir passé trois jours entre Mongo et Bitkine, ils ont donc reculé de près de 250 km ce week-end. Ils déclarent avoir détruit le stock de munitions pour hélicoptères de Mongo, affirment maintenant tenir un secteur s'étalant sur près de 100 km autour d'Am Timan, et sont prêts à revenir à l'assaut selon eux. Les forces gouvernementales estiment elles que les rebelles sont en déroute. A Ndjamena, la situation se normalise, et des habitants qui avaient fui au Cameroun reviennent. Dans l'ouest du pays par contre, la situation humanitaire est toujours critique, notamment en raison de l'afflux de nouveaux réfugiés chassés du Soudan par les récentes attaques des forces de Khartoum contre des villages.
Des réfugiés tchadiens sur le pont Ngueli, à la frontière avec le Cameroun, rentrent à Ndjamena, dimanche 10 février.( Photo : AFP )

Des réfugiés tchadiens sur le pont Ngueli, à la frontière avec le Cameroun, rentrent à Ndjamena, dimanche 10 février.
( Photo : AFP )

Les rebelles déclarent être en pleine possession de leurs moyens depuis qu'ils sont arrivés à Am Timan. Là, ils auraient fait le plein d'armes, de carburant et de nourriture. Le porte-parole de la coalition des rebelles, Abderrahmane Koulamalah, affirme même qu'ils sont prêts à repartir à l'assaut : « Nous allons reprendre la ville de Ndjamena. Nous n’avons jamais renoncé, nous ne renoncerons jamais. Pourquoi serions-nous en fuite ? Nos forces sont intactes ! N’êut été les interventions étrangères, nous n’aurions jamais reculé d’un pouce devant la présidence, maintenant nous avons tiré des leçons, et nous savons comment faire. Nous n’attaquerons aucun militaire français, nous répondrons à tout acte d’hostilité. Nous disons aux Tchadiens : qu’ils se préparent à notre retour, bientôt, très bientôt ».

Côté gouvernemental, les déclarations vont dans le sens inverse. Le ministre tchadien de l'Intérieur, Ahmat Mahamat Bachir, est catégorique : « Jamais, au plus grand jamais, depuis la bataille de Ndjamena, les mercenaires ne se sont reconstitués. Ils n’ont pas le moral, ils n’ont pas de courage, ils n’ont pas la force de faire face à nos forces de défense et de sécurité. Nos forces sont à leurs trousses, ils cherchent par tous les moyens à regagner leur maître. Nos forces de défense vont les poursuivre jusqu’à leurs bases ». Et quand on lui demande s'il est prêt à franchir la frontière, cette réponse sibylline et prudente : « Le moment venu, on vous le dira ».

Reste à savoir jusqu'où ira ce jeu du chat et de la souris, à mesure que les rebelles se rapprochent du territoire soudanais, et que l'armée régulière s'éloigne de Ndjaména.

A écouter

Retour progressif à la normalité à Ndjamena : reportage

« Retour à un semblant de normalité... sauf pour ce qui est de la chasse aux rebelles et aux pillard, surtout la nuit ».

11/02/2008 par Cyril Bensimon

Serge Mallet

Représentant du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Tchad

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11/02/2008 par Christine Muratet