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Bolivie

Deux régions votent illégalement leur autonomie

Article publié le 02/06/2008 Dernière mise à jour le 02/06/2008 à 02:53 TU

Après la riche région de Santa Cruz le mois dernier, ce sont cette fois-ci deux régions pauvres, le Beni (nord-est) et le Pando (nord), qui ont voté leur autonomie par référendum ce dimanche. Un scrutin jugé illégal par le gouvernement, et qui a été émaillé d'incidents.

Des partisans de l'autonomie du Beni jetant des pierres sur des partisans du président Morales à Trinidad.(Photo : Reuters)

Des partisans de l'autonomie du Beni jetant des pierres sur des partisans du président Morales à Trinidad.
(Photo : Reuters)

Avec notre correspondant à La Paz, Reza Nourmamode

Comme prévu, c'est donc le Oui qui l'a emporté lors des référendums sur l’autonomie organisés hier dimanche dans deux régions du nord dirigées par des opposants au gouvernement d’Evo Morales. Les habitants ont voté pour l'autonomie administrative à 80% dans la région du Béni et à 82% dans celle du Pando, selon les sondages à la sortie des urnes réalisés par la chaîne de télé ATB. Les résultats officiels définitifs ne sont pas encore connus. 

Ces deux scrutins ont été marqués par une forte abstention (environ 40%) et par une série d’incidents violents : un homme, apparemment sympathisant du parti présidentiel, a même été tué par balle tôt dimanche matin à son domicile, sans qu'on sache s'il y a une relation avec le référendum.

Il y a un mois, c’est la région de Santa Cruz, la plus riche de Bolivie, qui décidait à 85% de devenir autonome. Ces référendums régionaux ont été déclarés illégaux par le pouvoir central, qui accuse des oligarchies locales de lutter pour des intérêts privés.

Le Beni et le Pando sont deux régions pauvres, rurales, peu peuplées et historiquement contrôlées par la droite. Les scrutins se sont déroulés dans une ambiance tendue, et ont donné lieu à plusieurs affrontements violents entre autonomistes et partisans du président Evo Morales, sans toutefois faire de blessés graves. 

Les statuts d’autonomie approuvés par référendum prévoient un large transfert de compétences politiques et économiques de l’Etat vers la région. Pour le pouvoir central, le mouvement autonomiste est manipulé par des oligarchies locales dont les intérêts seraient menacés par la politique du gouvernement socialiste : « Ce qu’ils veulent, c’est chasser l’Indien du pouvoir », a déclaré Evo Morales avant même l’annonce des résultats, « mais ils ne pourront pas arrêter le processus de changement » a-t-il ajouté.

Issu de l’ethnie indigène Aymara, majoritaire dans ce pays le plus pauvre d’Amérique du sud, l’ancien syndicaliste a nationalisé les hydrocarbures, lancé une réforme agraire et tente de faire adopter une nouvelle Constitution. Autant de politiques qui sont farouchement combattues par la droite qui mène le combat autonomiste contre le pouvoir central.

Le prochain référendum local doit se tenir le 22 juin prochain dans la région de Tarija, qui abrite 85% des réserves de gaz naturel du pays, principale richesse de la Bolivie.