publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
 
Annonce Goooogle
Annonce Goooogle

Mauritanie/Francophonie

L’OIF suspend la Mauritanie

par  RFI

Article publié le 27/08/2008 Dernière mise à jour le 27/08/2008 à 22:52 TU

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a annoncé, mardi, la suspension de la Mauritanie. Il s’agit, selon Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF, d’une « sanction extrême » qui ne pourra être levée que par le rétablissement de la démocratie. Il y a trois semaines déjà, l'OIF avait condamné fermement le coup d'Etat des putschistes qui ont renversé, le 6 août dernier, le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, élu en mars 2007 et toujours en résidence surveillée, tout comme le Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf. Plusieurs partis ont abandonné l’idée de participer à un gouvernement issu de la junte. Dans un entretien à RFI, le secrétaire général de la junte, colonel Ahmedou Bamba Ould Baya, conteste la notion de coup d’Etat et affirme que le Haut conseil d’Etat s’est engagé à donner aux Mauritaniens « la possibilité d’organiser des élections libres et transparentes ».  

Le Conseil permanent de la Francophonie s'est réuni en session extraordinaire mardi après-midi à Paris au sujet de la Mauritanie. L'organe politique de la francophonie a retenu la sanction la plus sévère à l'égard de l'un de ses membres, à savoir la suspension jusqu'à nouvel ordre, de la Mauritanie des instances de l'OIF. L’ancien président sénégalais Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, considère que la crise politique mauritanienne ne justifiait pas le recours à un coup d’Etat.

Abdou Diouf

Secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie

« Nous avons pris la mesure extrême dans ce cas... Et cette suspension ne peut être levée que si les conditions d'un rétablissement normal de la démocratie sont remplies... »

Abdou Diouf a convoqué une réunion extraordinaire du Conseil de la Francophonie, pour aborder la situation en Mauritanie.
(Photo : Francophonie.org)

Abdou Diouf a convoqué une réunion extraordinaire du Conseil de la Francophonie, pour aborder la situation en Mauritanie.
(Photo : Francophonie.org)

En dehors de l’OIF, la junte au pouvoir à Nouakchott a également été condamnée par l’Union africaine (UA) après le putsch. Tout comme le Conseil de sécurité de l’ONU, le gouvernement français a appelé à la libération immédiate du président mauritanien et à un retour, dans les plus brefs délais, à l’ordre constitutionnel. La Banque mondiale a décidé, de son côté, de suspendre, vendredi dernier, une aide de 175 millions de dollars pour le financement de 17 projets nationaux en Mauritanie.  

Outre les condamnations venues de l’étranger, les putschistes perdent également des soutiens politiques de taille. Ainsi, le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) d'Ahmed Ould Daddah et deux autres petits partis d'opposition ont finalement renoncé à participer au « gouvernement de transition » issu de la junte. Bien que favorable au coup militaire, Ahmed Ould Daddah ne veut pas s’associer à une action qui n’a pas le soutien de la communauté internationale.

Ahmed Ould Dadah

« …Nous ne voulons pas nous associer à une action qui n'ait pas l'assentiment de la communauté internationale parce que la Mauritanie à besoin de tout sauf d’être sous embargo ».

écouter 1 min 07 sec

27/08/2008 par Christine Muratet

Le président de la Commission africaine, Jean Ping, a passé deux jours dans le pays, lundi et mardi, où il a rencontré le chef de la junte, le général Mohammed Ould Abdel Aziz, et celui qu'il a renversé,  le président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Quant au représentant spécial des Nations unies en Afrique de l'Ouest, Said Djinnit, il a également rencontré le général Mohammed Ould Abdel Aziz. Le nouvel homme fort du pays n'a pas encore précisé le calendrier électoral qu'il comptait mettre en place. Comment la junte explique ces mesures et quelles sont ses intentions ? C'est ce que nous explique le secrétaire général du Haut conseil d'Etat, cette instance composée de douze militaires, qui dirige aujourd'hui la Mauritanie.

Ahmedou Bamba Ould Baya

Secrétaire général de la junte

écouter 3 min 57 sec

27/08/2008 par Marie-Pierre Olphand