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Entreprises

EDF rachète British Energy

par Myriam Berber

Article publié le 24/09/2008 Dernière mise à jour le 24/09/2008 à 16:04 TU

Dans le cadre de sa stratégie de développement dans le nucléaire à l’international, le Royaume-Uni est une priorité pour l’électricien français EDF. (Photo : Reuters)

Dans le cadre de sa stratégie de développement dans le nucléaire à l’international, le Royaume-Uni est une priorité pour l’électricien français EDF.
(Photo : Reuters)

C’est la plus grosse acquisition de l’histoire d’EDF. L’électricien français met finalement 15,6 milliards d'euros sur la table pour prendre le contrôle de British Energy. Sa nouvelle offre d'achat a été acceptée, mercredi 24 septembre 2008, par les actionnaires du groupe nucléaire britannique.

C’est la fin d’un feuilleton à rebondissements. Après avoir essuyé un premier refus, EDF va mettre la main sur British Energy (BE). Le conseil d’administration de l’opérateur nucléaire britannique a officiellement accepté, mercredi matin, une offre de l’électricien français. EDF a relevé d’un demi-milliard d’euros son offre de juillet. Le groupe déboursera 774 pence par action (9,74 euros) contre 765 pence (9,63 euros) précédemment, ce qui valorise British Energy à environ 15,6 milliards d’euros.

L’électricien français propose de racheter le Britannique soit tout en numéraire, soit en partie en numéraire et en partie en titres. Dans cette opération, EDF pourrait ne pas rester seul. Il est actuellement en discussions avec l’opérateur gazier britannique Centrica qui avait aussi fait une offre sur BE. Centrica pourrait reprendre 25% de la nouvelle entreprise EDF/BE. D’autant que l’Etat britannique n’a jamais caché qu’il ne souhaitait pas vendre la totalité de son électricité nucléaire à un opérateur étranger.

Le premier producteur nucléaire au Royaume-Uni

Des mois de négociations entre les deux groupes auront été nécessaires pour aboutir à ce rachat. EDF lorgnait depuis quelque temps sur British Energy mais un désaccord sur le prix avait bloqué le projet. Deux grands actionnaires privés de l’opérateur britannique, les sociétés d’investissement Invesco et Prudential, avaient alors estimé que le prix proposé par l’électricien français n’était pas suffisant. L’Etat britannique, premier actionnaire de BE avec 35,2% du capital, a depuis le début été favorable à cette acquisition. Le Premier ministre Gordon Brown s’est d’ailleurs, mercredi, félicité que « le renouveau du nucléaire devienne une réalité ».

Le PDG d’EDF, Pierre Gadonneix, a fait du Royaume-Uni l’un des pays cibles pour les investissements du groupe dans le nucléaire. Sa filiale implantée dans le pays, EDF Energy, qui dispose de centrales au charbon et au gaz et d’un parc d’éoliennes, est absente du nucléaire. Le rachat de British Energy, qui produit 90% du nucléaire outre-Manche, va donc lui  permettre de devenir le premier producteur nucléaire au Royaume-Uni. British Energy possède, en effet,  huit des dix centrales nucléaires britanniques encore en activité, et tous les sites sont entourés de terrains constructibles, ce qui offrirait des débouchés au numéro un mondial de l'exploitation nucléaire, qui envisage d’y construire quatre EPR, des réacteurs de troisième génération. Une information confirmée ce mercredi par le ministre britannique des Entreprises John Hutton, qui a annoncé « la construction d’un premier EPR sur le sol britannique à l’horizon 2017 ». 

Des acquisitions à l’international

Mais ce rachat suscite des craintes, notamment du côté des salariés d’EDF, qui  jugent son prix « trop élevé ».  Les syndicats au conseil d'administration, qui s’est tenu mardi, se sont tous abstenus lors du vote sur l'OPA. Force ouvrière redoute les conséquences de l'opération pour les salariés. La CGT et la CFDT réclament à la direction des « engagements pour le personnel et les usagers ». Pierre Gadonneix a promis, mercredi, que ces projets britanniques seraient « favorables à l'emploi ». Il a également affirmé que son groupe n'avait « pas épuisé » ses capacités financières et était capable de réaliser d'autres acquisitions à l’international.

Dans le cadre de sa stratégie de développement dans le nucléaire, le Royaume-Uni est une priorité d’EDF au même titre que la Chine, l’Afrique du Sud et les Etats-Unis. En Chine, il est associé à l’électricien CGNPC pour construire deux réacteurs de type EPR. En Afrique du Sud, EDF, qui est exploitant de centrales, devrait également fournir deux EPR. Aux Etats-Unis, l’opérateur français est engagé dans une bataille pour le contrôle de son partenaire américain, Constellation Energy Group dont il détient 9,5%. La semaine dernière, le milliardaire américain Warren Buffet a déposé une offre de rachat de Constellation pour 4,7 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros). EDF a renchéri sur l’offre. En Europe enfin, EDF souhaite consolider ses positions et se développer dans les pays où il n’est pas encore présent. L’électricien regarde attentivement vers l’Espagne, la Belgique et l’Italie.