Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

FMI-Banque mondiale

2001, la lutte continue

La conférence internationale pour l'annulation de la dette du tiers-monde, qui vient de s'achever à Dakar, a décidé la poursuite de son action au-delà de l'an 2000, année du jubilé chrétien. Dans les années qui viennent la campagne pour l'effacement de la dette devrait s'inscrire dans un cadre plus général de lutte contre la mondialisation ultralibérale, de mobilisation plus intense dans les pays en développement et d'approfondissement de la revendication pour une annulation immédiate et inconditionnelle.
De notre envoyée spéciale à Dakar

A la fin de cette année, la campagne pour l'annulation de la dette des pays du tiers-monde, connue au niveau international sous le nom de Jubilé 2000, aurait pu s'achever. Les participants à la conférence de Dakar, qu'ils viennent d'Afrique, d'Europe, d'Amérique ou d'Asie en ont décidé autrement. Les allégements de la dette des pays les plus pauvres de la planète, sous conditions de bonne conduite budgétaire, menés par les organisations financières internationales, ne sont pas un résultat suffisant. Dès lors, la lutte continue.

Le mouvement Jubilé 2000, né en milieu chrétien, a ensuite rencontré un écho considérable auprès d'organisations qui ne se revendiquent pas de ce courant de pensée, en Afrique, notamment, ou dans les associations qui, dans les pays industrialisés, combattent les formes ultralibérales de la mondialisation. L'action pour l'annulation de la dette du tiers-monde prend donc sa place dans l'ensemble de ces mouvements sociaux, tout en conservant sa spécificité, liée à une revendication qui concerne au premier chef les pays en développement. C'est tout le sens de la présence à Dakar d'organisations comme Attac, association qui milite pour l'instauration d'une taxe sur les transactions financières, mais aussi de l'affirmation d'autonomie du mouvement Jubilé sud qui regroupe les pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine concernés par le poids de la dette.

«Famine, Misère, Impérialisme»

On retrouvera donc les militants de l'annulation de la dette du tiers-monde dans les manifestations qui accompagnent désormais systématiquement les rencontres internationales du G7 (groupe des sept pays les plus industrialisés), du FMI et de la Banque mondiale, les trois cibles privilégiées des mouvements sociaux de la planète. La marche à travers la ville de Dakar qui s'est déroulée en clôture de la conférence était claire sur ce point. Les banderoles affichaient résolument: «Dette, crime contre l'humanité», «La dette tue» ou rebaptisaient le Fonds monétaire international (FMI) en «Famine, Misère, Impérialisme».

Le ton est donné. Car, à la revendication initiale d'annulation de la dette des pays les plus pauvres, une quarantaine environ, s'est substitué une exigence plus radicale. On parle désormais d'annulation totale, immédiate et inconditionnelle de pratiquement tous les pays en développement et, en tout état de cause, de tous les pays africains. Les conditionalités liées à l'initiative d'allégement FMI-Banque mondiale et le petit nombre de bénéficiaires sont vivement dénoncés de même que l'application des plans d'ajustement structurels imposés. Il ne s'agit plus de faire «grâce» aux pays endettés mais de leur rendre justice. Les plus radicaux ne parlent même plus d'annulation de la dette par les créanciers mais de «répudiation» sans négociation de cette dette par les débiteurs eux-mêmes et ce, de manière unilatérale.



par Francine  Quentin

Article publié le 18/12/2000