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Réchauffement climatique

Ultime cri d'alarme de l'ONU

Les experts climatiques de l'Onu n'en peuvent plus de tirer la sonnette d'alarme. A quelques jours de la reprise officielle des délicates négociations internationales sur le réchauffement de la planète, ils confirment des chiffres redoutables : avant la fin du siècle, les températures vont augmenter de 5,8 C en moyenne, soit le double des prévisions déjà alarmantes. Un véritable pavé dans la mare du protocole de Kyoto.
On savait les prévisions catastrophiques mais là, le GIEPC, le Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat (IPCC en anglais), enfonce le clou ! Est-ce histoire de rappeler que se jouent, du 16 au 25 juillet prochain à Bonn, les négociations de la dernière chance pour sauver le protocole de Kyoto ?

On le souhaiterait. Mais le responsable du GIEC, Robert Watson, a estimé mardi, au cours d'une conférence de presse à Amsterdam que le réchauffement pourrait chasser de chez eux «des dizaines de millions de personnes». «Le climat change et des phénomènes naturels ne suffisent pas à l'expliquer. Le changement climatique résultant des activités humaines est inévitable, a-t-il affirmé. Il frappera la plus grande partie de la population de la planète, notamment les pauvres des pays en développement. Au total, il affectera les ressources en eau, la sécurité alimentaire et la santé».

Et de rappeler ce qu'on sait déjà. A savoir que le niveau de la mer va augmenter (on prévoit une hausse du niveau de 9 à 88 cm entre 1990 et 2100). Déjà, le rapport publié l'hiver dernier, établissait un lien direct entre ces phénomènes et la concentration accrue de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, résultant de la consommation des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Dans le même temps un institut de recherche scientifique autrichien (IIASA) estimait que l'Inde pourrait perdre des dizaines de millions de tonnes de céréales à l'horizon 2080, en raison du réchauffement, soit 18% de sa récolte totale. Et ce n'est qu'un exemple.

Coup de chaud à Bonn

Voilà qui devrait contribuer à faire monter la tension à quelques jours du sommet de Bonn. Les négociations sont suspendues et compromises depuis la décision du président américain de rejeter l'accord de Kyoto, qui date de 1997.

Pour justifier sa décision, le président des Etats-Unis avait expliqué en mars dernier qu'il subsistait des incertitudes sur le changement climatique et sur les liens entre ce phénomène et les activités humaines. Pour contrer cet argument, les opposants de Bush ont rappelé que le lobby pétrolier avait fait campagne en faveur du candidat texan lors de la dernière et spectaculaire élection présidentielle.

Les inquiétudes à la veille du dernier round de négociations sont palpables. Jan Pronk, le ministre néerlandais de l'Environnement et le président de ces négociations n'est guère optimiste. Mardi, à Amsterdam, il soulignait les réticences de l'Australie, du Canada et du Japon et averti que si d'autres pays rejoignaient la position américaine, le protocole de Kyoto serait mort.

Il a reproché au Canada et à l'Australie d'avoir fait marche arrière et dénoncé l'attitude ambiguë du Japon. «Il est temps que les hommes politiques fassent preuve de fermeté et se mettent d'accord pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous ne pouvons pas retarder cette décision cruciale, car si nous le faisons, le protocole de Kyoto ne sera que lettre morte».

Gageons que les premiers effets du réchauffement climatique se feront sentir à Bonn dès lundi, tant les débats s'annoncent chauds et la situation plus qu'urgente.



par Sylvie  Berruet

Article publié le 12/07/2001