Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

France: présidentielle 2002

Bernadette Chirac parle

A six mois de l'élection présidentielle, après Olivier Schrameck c'est au tour de la femme du président Chirac de sortir en librairie, ce lundi, un livre intitulé «Conversation» aux éditions Plon. Un ouvrage dans lequel elle dépeint sa vie auprès du chef de l'Etat français et où elle défend ses convictions. Certains y verront probablement un acte politique.
Hasard et coïncidence de calendrier ? «Conversation», le livre d'entretiens de Bernadette Chirac avec le journaliste Patrick de Carolis qui paraît ce lundi aux éditions Plon, sort peu après «Matignon, rive gauche 1997-2001» d'Olivier Schrameck, directeur de cabinet de Lionel Jospin. Née Chodron de Courcel, la première dame de France réaffirme aujourd'hui avec la parution de ce livre sa personnalité sans toutefois faire de grandes révélations. Elle lâche cependant quelques bribes sur sa vie privée, les moments difficiles de son mariage avec Jacques Chirac et ses épreuves de mère mais elle évoque aussi son engagement associatif et son action politique en Corrèze.

Interrogée, dimanche, dans une émission télévisée sur France 2, elle affirme que son mari a été son «premier lecteur» mais qu'il s'est contenté de «modifier la ponctuation» des deux cent trente-huit pages de son ouvrage. Outre ses confidences sur sa vie privée, ce livre est également politique : elle fait entendre sa différence sur le Pacte civil de solidarité (PACS) sur son attachement à Jean-Paul II et sur l'avortement pour lequel elle «souhaiterais que notre société se batte avant tout pour le respect de la vie, sous toutes ses formes» écrit-elle. C'est sans doute pour ses prises de positions que Bernadette Chirac a toujours eu une image vieille France.

Première supportrice de son mari avec lequel elle est mariée depuis 1956, Bernadette Chirac ne se lasse pas de dire qu'elle porte les couleurs de son président de mari, un homme «qui ne se laisse pas décourager» tout en prévenant que «c'est un guerrier». En ces temps de cohabitation et à six mois de l'élection présidentielle, certains y verront sans doute une campagne par procuration.

Un joker très utile

Après son tour de France lors des municipales de mars 2001 pour soutenir les candidats de droite, celle qu'on présente comme l'un des principaux joker du candidat putatif Jacques Chirac est restée muette, dimanche dans l'émission de Michel Drucker, sur la présidentielle. Quand l'un des chroniqueurs lui demande si elle sera la patronne de la campagne 2002, elle répond faussement naïve et ingénue : «Quelle campagne ?». Celle qui a fait ses premiers pas politiques en Corrèze où elle a été élue conseiller municipal de Sarran en 1971 avant de devenir conseiller général en 1979, a longtemps été confinée dans un rôle traditionnel d'épouse de chef d'Etat. Ignorée au début du septennat de Jacques Chirac, elle s'engage dans la Fondation «Hôpitaux de Paris, hôpitaux de France» où elle s'entoure de personnalités : le judoka David Douillet et l'ancien entraîneur de l'équipe de France de football, Aimé Jacquet qui participent à l'opération «pièces jaunes».

C'est en 1997, lors de la dissolution qu'elle revient sur le devant de la scène politique. Dès lors, elle prend la défense de son mari à chaque occasion puis dernièrement a créé la surprise lors des dernières municipales en allant soutenir les candidats de droite au point d'être presque créditée de la «vague bleue». En mars dernier, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande avait même reconnu, ironiquement son efficacité : «Je pense qu'elle est meilleure que Dominique de Villepin et qu'en campagne, elle est plus efficace que Michèle Alliot-Marie, Alain Juppé ou tout autre chiraquien».

Lire également :
Bernadette, l'atout maître de Jacques Chirac
(Editorial politique de Geneviève Goëtzinger)



par Clarisse  Vernhes

Article publié le 22/10/2001