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Agriculture

Les producteurs du Nord largement subventionnés

Les prix perçus par les agriculteurs dans les pays industrialisés membres de l’OCDE sont de 30% supérieurs aux cours mondiaux, en raison des mesures de soutien dont ils bénéficient. Même si les subventions agricoles baissent progressivement, elles constituent toujours un obstacle aux exportations des pays en développement.
Les mesures de soutien à l’agriculture dans les 30 pays de l’OCDE ont atteint, en 2001, les 311 milliards de dollars ou 347 milliards d’euros, selon le rapport annuel de l’OCDE sur le suivi et l’évaluation des politiques agricoles de ses membres. Pour cette organisation internationale chaude partisane de la libéralisation des marchés, les subventions agricoles «entravent la transmission des signaux donnés aux producteurs par les marchés mondiaux» et empêchent donc l’adaptation de la production à la concurrence mondiale. Toutefois, les aides aux producteurs sous forme de soutien des prix au-dessus des cours mondiaux ou d’aides à la production ne représentent plus que 70% du total des subventions agricoles, contre 82% dans les années 80.

Il n’en demeure pas moins, souligne l’OCDE, que les prix perçus par les agriculteurs des pays développés sont encore de 30% supérieurs aux prix mondiaux, contre 58% dans les années 80. Les aides à l’agriculture décidées par un pays pour protéger ses agriculteurs et son espace rural sont extrêmement différenciées. Ainsi, la Nouvelle-Zélande est le pays riche le plus ouvert à la libéralisation avec un niveau de soutien à son agriculture de l’ordre de 1% du total des recettes agricoles. A l’inverse, la Corée, le Japon, la Norvège et la Suisse pratiquent des aides au revenu agricole de 60% ou plus. Le Canada, les Etats-Unis et le Mexique se situent aux alentours de 20% et l’Union européenne à 35%.

A la charge du consommateur et du contribuable

Ces dernières années, des pays ont eu recours à des mesures d’urgence en faveur de leur agriculture pour faire face à des crises sanitaires comme l’ESB (maladie de la vache folle) ou à de mauvaises récoltes. Les produits agricoles les plus subventionnés sont le riz à 80%, la viande ovine à 55%, le sucre et le lait à 45%, la viande bovine et le blé à 36%.

Les prix artificiellement soutenus dans les pays développés pèsent sur les capacités d’exportation des pays en développement. La conférence de l’Organisation mondiale du commerce à Doha en décembre 2001 a lancé un programme de négociations commerciales afin de prendre en compte les intérêts spécifiques des pays en développement. La plupart des membres de l’OCDE se sont engagés depuis quelques années à réduite leurs barrières tarifaires aux importations et les subventions aux exportations agricoles. Et, de fait, les produits des 48 pays les moins avancés (PMA) sont désormais dispensés de droits de douane à l’entrée dans les pays du Nord, à l’exception du sucre, du riz et des bananes entrant dans l’Union européenne pour quelques années encore.

Les subventions aux exportations agricoles des pays de l’OCDE qui viennent ainsi concurrencer la production des pays en développement jusque chez eux se sont élevées à 3 milliards de dollars en Union européenne soit une diminution de 20% par rapport à 2000 et en ce qui concerne les Etats-unis les aides passent plutôt par des garanties de crédit à l’exportation pour un montant de 3 milliards de dollars en 2001.

Pour l’OCDE les subventions agricoles sont une charge pour les consommateurs et les contribuables des pays développés et elles ne permettent pas de transférer du revenu aux agriculteurs des pays en développement ainsi concurrencés.



par Francine  Quentin

Article publié le 06/06/2002