Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

De Bouaké à Paris: chronologie de quatre mois de crise


Septembre 2002

19 septembre: Des attaques à Abidjan visent le coeur du pouvoir. La deuxième ville, Bouaké (centre), et la principale ville du nord, Korhogo, passent sous contrôle rebelle. Le général Robert Gueï, ancien chef de la junte (1999-2000), et le ministre de l'Intérieur, Emile Boga Doudou, sont tués.

22 septembre: Arrivée des premiers renforts militaires français pour assurer la sécurité des étrangers, dont quelque 3.000 seront évacués.

24 septembre: Le journal du parti au pouvoir accuse le président burkinabè, Blaise Compaoré, d'être le "seul et unique déstabilisateur de la Côte d'Ivoire". Le Burkina Faso dément toute implication.

28 septembre: Abidjan affirme avoir actionné les accords de défense avec la France.

29 septembre: La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) crée un "groupe de contact" et décide l'envoi d'une force de paix.


Octobre 2002

1er octobre: Les mutins déclarent vouloir renverser le régime et invitent la France à une "stricte neutralité".

6-7 octobre: Combats intenses dans Bouaké, les forces loyalistes repoussées.

17 octobre: Les rebelles signent à Bouaké un accord de cessation des hostilités. Le président Gbagbo l'accepte et demande à la France de contrôler le cessez-le-feu.

22 octobre: La France envoie des renforts pour contrôler le cessez-le-feu.

23 octobre: Le président togolais Gnassingbé Eyadéma est désigné coordinateur de la médiation.

30 octobre: Début à Lomé des premières négociations directes entre délégations du gouvernement et des rebelles du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), conduite par Guillaume Soro.


Novembre 2002

1er novembre: Le gouvernement accepte le principe d'une amnistie et d'une réintégration des mutins dans l'armée.

27 novembre: Visite du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, marquée par l'exfiltration de Côte d'Ivoire du principal opposant Alassane Ouattara.

28 novembre: Le Mouvement populaire ivoirien du grand ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la justice et la paix (MJP), deux nouveaux groupes, revendiquent la prise de Man et Danané (extrême ouest).


Décembre 2002

1er décembre: Premiers affrontements meurtriers entre militaires français et rebelles lors d'une évacuation depuis Man: une dizaine de morts chez les rebelles et un blessé français.

3 décembre: Rencontre à Bamako des présidents Gbagbo et Compaoré.

12 décembre: Le MPCI demande "une neutralité totale" et le retrait de la France.

16 décembre: Dominique de Villepin dénonce "les ingérences extérieures".

19 décembre: Amnesty International demande à l'Onu une enquête sur les exactions, après la découverte de charniers.

20 décembre: Les rebelles du MPIGO prennent Bangolo (sud de Man). L'ONU appuie le "gouvernement élu".

28 décembre: Arrivée des derniers renforts français, portant à près de 2.500 hommes les effectifs de l'Opération Licorne.

31 décembre: L'armée bombarde le village de Menakro, en zone rebelle au delà de la "ligne de cessez-le-feu" surveillée par les troupes françaises: 12 civils tués.


Janvier 2003

3 janvier: Arrivée à Abidjan des premiers éléments de la force ouest-africaine.

3-4 janvier: Visite de Dominique de Villepin, qui obtient des autorités d'Abidjan et du MPCI l'engagement d'un respect du cessez-le-feu et de leur participation à une table ronde politique le 15 janvier à Paris, suivie d'un sommet de chefs d'Etat africains le 27.

6 janvier: Les rebelles de l'ouest se heurtent aux militaires français aux environs de Duékoué: 30 morts chez les rebelles et neuf blessés côté français, selon Paris. Le MJP reconnaît que des "éléments égarés" issus de ses rangs sont responsables.

8 janvier: Le MPIGO et le MJP concluent un accord de cessez-le-feu avec les troupes françaises et acceptent de participer à la table ronde.

9 janvier: Des hélicoptères de l'armée bombardent dans la région de Grabo (ouest), faisant, selon les rebelles, 15 morts civils.

10 janvier: Le MPIGO accuse les forces loyalistes d'avoir lancé des attaques sur ses positions dans l'extrême ouest.

13 janvier: Le représentant du gouvernement et les chefs du MPIGO et du MJP signent à Lomé un accord de cessation des hostilités.

15 janvier: La table ronde qui doit débuter ce 15 janvier est présidée par l'ancien ministre français Pierre Mazeaud, et se tient près de Paris, à Marcoussis.

(chronologie établie par l'AFP)

Article publié le 14/01/2003