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Epidémie

Le SRAS met la santé à l’ordre du jour de l’Union européenne

Dans le cadre de la mobilisation mondiale contre le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), les pays de l’Union européenne se réunissent mardi à Bruxelles en présence de la directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé, pour étudier l’efficacité des mesures de prévention mises en œuvre pour lutter contre la diffusion du virus sur le continent. Cette réunion intervient alors que la propagation de l’épidémie de pneumonie atypique semble ralentir en Asie, notamment à Hong Kong où le nombre de nouveaux cas recensés est en diminution et où la vie reprend peu à peu son cours.
C’est notamment à la demande de l’Italie, le pays européen le plus touché à ce jour par la pneumonie atypique avec neuf cas, et de la France qu’une réunion extraordinaire des ministres de la Santé des pays de l’Union européenne consacrée au SRAS a été convoquée par la présidence grecque. Les Quinze qui ont été jusqu’à présent relativement épargnés par le virus avec seulement 32 cas probables recensés, ont chacun mis en place des mesures de prévention notamment à destination des voyageurs en provenance des zones à risques comme la Chine ou Hong Kong. La réunion de Bruxelles doit leur permettre de se concerter et de déterminer s’il y a nécessité de modifier ou renforcer les dispositifs adoptés.

La question qui a été posée par certains Etats, comme l’Italie, est de savoir s’il faut ou non contrôler systématiquement tous les passagers qui débarquent des avions en provenance des principaux foyers de l’épidémie ou s’en tenir aux résultats des contrôles effectués par les pays concernés avant leur départ. Il s’agit aussi d’envisager la possibilité d’une véritable action concertée et non plus la juxtaposition de mesures décidées et mises en œuvre au niveau national. La santé ne relève pas de la compétence européenne. Les Etats n’ont donc aucune obligation de coordonner leurs actions en la matière.

Le SRAS est un avertissement

Le commissaire européen chargé de la Santé, David Byrne, estime pour sa part que l’épidémie de SRAS doit être interprétée comme «la sonnerie du réveil, un avertissement». Il doit donc à l’occasion de la réunion extraordinaire des ministres de l’Union sur le SRAS proposer de tirer les conséquences de cette alerte sanitaire majeure pour améliorer la gestion des questions de santé au sein des pays du continent en mettant en place un Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies sur le modèle du Center for Disease Control aux Etats-Unis. Cette institution aurait véritablement vocation à coordonner les actions des structures nationales. Pour le moment, en effet, le travail du Réseau européen sur les maladies infectieuses se limite à permettre les échanges d’informations entre Etats, notamment sur le nombre de cas déclarés dans chacun des pays.

Le Premier ministre grec Costa Simitis a d’ailleurs fait part de son soutien à une telle initiative et a insisté sur la nécessité d’une coopération entre les Etats européens pour lutter contre des virus comme le SRAS. «L’épidémie peut en arrivant à Athènes frapper Londres, ou d’Helsinki frapper Lisbonne, parce que la circulation est libre en Europe. Il n’est donc pas possible que les 15 ou les 25 l’affrontent chacun dans son coin. Il faut une coordination, il faut y faire face en commun pour éviter le danger.» Dans cette optique, Costa Simitis a même déclaré que les questions de santé devaient être incluses dans le projet de constitution européenne actuellement en cours d’élaboration.

Gro Harlem Brundtland, la directrice générale de l’OMS, qui a été conviée à participer à la réunion de Bruxelles a quant à elle estimé que l’Europe avait réagi de manière «appropriée» face à l’épidémie de pneumonie atypique qui semble actuellement ralentir sa progression notamment à Hong Kong, le deuxième territoire le plus touché après la Chine, où le nombre de nouveaux cas quotidiens n’a pas dépassé la dizaine depuis trois jours consécutifs. Après le Vietnam, le Canada, où l’épidémie paraît être sous contrôle, ces chiffres jugés «encourageants» semblent montrer que l’on peut maîtriser la propagation du SRAS. Malgré tout, la prudence reste à l’ordre du jour car pour Gro Harlem Brundtland il n’est pas possible de dire «si l’épidémie a atteint son pic ou pas au niveau mondial».



par Valérie  Gas

Article publié le 06/05/2003