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Maroc

«L’imam de St Etienne» en procès

Sous réserve d’un report de dernière minute, le procès de Pierre Robert, un Français converti à l'islam, doit débuter ce lundi à Rabat. Il avait été arrêté début juin dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 16 mai qui ont fait 45 morts à Casablanca. Il est accusé par la justice marocaine d'avoir créé des cellules terroristes dans le royaume. Il doit comparaître en compagnie d’un groupe de 33 complices présumés liés à l’organisation intégriste Salafia Jihadia.
On le surnomme «l'Imam de St Etienne», sa ville d'origine en France. Converti à l'islam dès l'âge de 17 ans, Pierre Robert, alias Abou Abderrahmane, a étudié le Coran pendant 2 ans en Turquie. Depuis, 1997, il vivait à Tanger, avec sa femme marocaine et leurs deux enfants. Profession : vendeur de voitures d'occasion.

Si l'on en croit l'accusation, il avait une autre occupation, moins avouable : après un séjour d'initiation en Afghanistan, il aurait créé deux camps d'entraînement paramilitaire sur le sol marocain : cours religieux, apprentissage du maniement des armes, initiation à la fabrication d'explosifs. Autant d'activités financées, toujours selon la justice marocaine, avec l'aide de trafiquants de drogue.

La main de l’étranger

L'instruction n'a pas permis de démontrer l'implication directe de Pierre Robert dans les attentats de Casablanca, dont le procès s'est soldé, le 19 août, par 4 condamnations à mort. C'est donc dans un dossier séparé qu'il est jugé. Il est accusé, avec 34 complices présumés, d'avoir planifié d'autres attentats.

Pierre Robert, 31 ans, est le seul étranger parmi les quelque 650 personnes inculpées après le 16 mai. Son procès est d'autant plus attendu que les autorités ont toujours prétendu que les islamistes marocains avaient des connexions à l'étranger. Une affirmation que l'enquête n'a toujours pas démontrée.



par Sylvain  Biville

Article publié le 25/08/2003