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Terrorisme

Des policiers armés dans les avions

Les Etats-Unis vivent dans la crainte de nouveaux attentats en cette période de fêtes de fin d’année. L’administration américaine veut imposer aux compagnies aériennes étrangères assurant des vols sur les Etats-Unis d’embarquer des policiers armés quand elle le jugera nécessaire. Paris a donné son accord, selon Washington. Cette démarche s’inscrit dans un mouvement de fond de renforcement des mesures de sécurité et du contrôle des passagers au lendemain des attentats du 11 septembre.
Les Etats-Unis se réservent désormais le droit de contraindre les compagnies aériennes étrangères à embarquer des policiers armés sur certains vols à destination ou en provenance des Etats-Unis. Cette mesure est entrée en vigueur dimanche 28 décembre. «Les policiers devront être armés, entraînés et qualifiés pour protéger les passagers, l’équipage et l’avion», a indiqué Denis Murphy, le porte-parole du secrétariat d’Etat à la Sécurité intérieure. Et d’ajouter que «Nous le demanderons à chaque fois que nous le jugerons nécessaire, sur un nombre de vols aussi grand soit-il (...) Toutes les compagnies aériennes devront coopérer selon les mêmes règles. La coopération est obligatoire».

Des mesures d'urgence, selon Tom Ridge, le secrétaire à la Sécurité intérieure, qui précise que ce sont les Etats-Unis qui décideront des vols à sécuriser. Et Tom Ridge de prévenir que «si les compagnies ne coopèrent pas, il leur sera interdit de survoler l’espace aérien américain». Le responsable américain a également indiqué que les Etats-Unis étaient prêts à offrir leur assistance à des pays pour former leurs «sky marshalls» (policiers du ciel). Les autorités américaines ont pris cette décision suite aux récentes alertes sur de possibles détournements d’avions. La semaine dernière, à la demande des Etats-Unis, le gouvernement français avait annulé plusieurs vols Air France entre Paris et Los Angeles, à la suite d’informations faisant état d’une menace terroriste crédible sur les vols de la compagnie française.

Le GIGN présent dans les avions français

Paris a déjà obtempéré. Des membres du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), en civil, sont présents depuis le 23 décembre dans des avions français sur des vols au départ de Paris à destination des Etats-Unis. Ils disposent, pour la sécurité des passagers, d'un éventail d'armes pouvant «immobiliser ou neutraliser un éventuel agresseur». De leur côté, les autorités britanniques ont annoncé que des agents armés seront déployés à bord de certains vols britanniques jugés «sensibles».

Une présence très contestée en premier lieu par les pilotes eux-mêmes. L'Association internationale du transport aérien (AITA) y est opposée. Les syndicats de pilotes s’inquiètent notamment de la sécurité des avions au cas où ces agents seraient amenés à utiliser leur arme: «cette nouvelle réglementation risque d'avoir des conséquences catastrophiques pour les passagers et l'équipage en cas de duel armé. Une ou des balles perdues peuvent provoquer des trous dans la pressurisation de la cabine et une explosion ou toucher les fils électriques qui sont tout le long des parois de l'appareil, causant un court-circuit et un incendie».

La sécurité des aéroports et à bord des avions est devenue une préoccupation majeure depuis les attentats du 11 septembre. En effet, depuis le 5 mars 2003, un accord entre la Commission européenne et l’administration américaine des douanes, autorise les compagnies aériennes à transférer aux autorités américaines les données personnelles concernant les dossiers passagers (Passenger Name Record ou PNR) des voyageurs européens sur les vols en provenance, à destination ou via les Etats-Unis.

Les informations contenus dans un PNR comprennent toutes les informations relatives au voyage du passager (destination, vols en correspondance, informations liées aux cartes de fidélité) mais incluent également des données sensibles comme les prestations spéciales demandées à bord (repas casher ou halal), adresse, état-civil, informations médicales ainsi que des informations sur le mode de règlement telles que des numéros de carte bancaire. A défaut, les compagnies risquent une amende de 6 000 dollars par passager et la perte des droits d’atterrissage.



par Myriam  Berber

Article publié le 30/12/2003