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Union africaine

L’UA, mode d’emploi

Le nouveau siège de l'Union africaine.Photo: Laurent Correau
Le nouveau siège de l'Union africaine.
Photo: Laurent Correau
L’Organisation de l’unité africaine (OUA) s’est muée en Union africaine (UA) en juillet 1999. Une évolution que les chefs d’État et de gouvernements africains ont justifiée par leur volonté d’accélérer le processus d’intégration économique et politique du continent. Après la session extraordinaire de Syrte (Libye) en 1999, le sommet de Lomé (Togo) a adopté l’acte constitutif de l’Union. Celui de Lusaka (Zambie) un an plus tard, a planché sur le programme de mise en place de la nouvelle organisation. L’aboutissement a été réalisé au sommet de Durban (Afrique du Sud) en 2002 où s’est tenue la première session inaugurale de la Conférence des chefs d’État et de gouvernements.

Une vingtaine d’initiatives en faveur du développement s’est dégagée des différentes réunions des décideurs africains qui ont aussi choisi de donner un cadre nouveau d’expression à l’organisation panafricaine. De nouveaux organes sont apparus reprenant autrement l’esprit de ce que l’OUA avait engendré, mais en condamnant «une culture organisationnelle très hiérarchisée et bureaucratique» qui ne ferait pas du résultat un but à atteindre. La nouveauté est donc dans l’évaluation et le constat motivé des actions menées. De nouveaux organes voient le jour avec un nouvel organigramme de l’organisation panafricaine.

La Conférence de l’Union devient l’organe suprême dans lequel se retrouvent les chefs d’État   et de gouvernements qui se réunissent en session extraordinaire. Cette instance suprême reçoit et entérine la coordination des politiques nécessaires à l’ensemble des pays membres élaborées par le Conseil exécutif, composé des ministres des Affaires étrangères. Ces deux premières instances existaient déjà sous la défunte OUA, mais sous d’autres appellations. Leurs pouvoirs sont aujourd’hui renforcés par le Comité des représentants permanents, composé de délégués des État  s membres auprès de l’UA qui travaille sur instruction du Conseil exécutif et prépare les travaux dudit Conseil.

En lieu et place de l’ancien secrétariat général, s’installe aujourd’hui la Commission de l’Union africaine composée de dix commissaires dont le président, Alpha Oumar Konaré et un vice-président. La Commission représente l’Union, la défend, initie des propositions qu’elle soumet aux organes exécutifs et assiste les État  s membres dans l’exécution des programmes politiques, économiques et sociales et culturelles. Elle élabore les positions communes et coordonne les actions des État  s membres dans les négociations internationales.

L’UA innove en copiant l’Union européenne

La grande innovation, à l’instar de l’Union européenne, est la création d’un Parlement panafricain. Chaque pays membre de l’UA y désigne cinq parlementaires dont au moins une femme. Le mode de désignation évoluera plus tard vers une élection au suffrage universel. Le Parlement panafricain a été installé en mars 2004 à Addis-Abeba et sa mission est d’assurer «une pleine participation des peuples africains à la gouvernance, au développement et à l’intégration économique du continent». Gertrude Monguela a été élue première présidente du Parlement lors de la séance inaugurale. Pour compléter ce dispositif une Cour africaine de justice a compétence pour recevoir tous «les différends et requêtes qui lui sont soumis conformément à l’acte constitutif de l’Union». Cette cour est composée de 11 juges élus par la conférence des Chefs d’État   et de gouvernements. Par ailleurs, l’UA a repris tel quel le protocole de création de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples adopté en juin 1998 à Ouagadougou (Burkina Faso). Les 11 membres sont élus par la Conférence des chefs d’État  et de gouvernement pour un mandat de 6 ans.


par Didier  Samson

Article publié le 04/07/2004 Dernière mise à jour le 04/07/2004 à 12:13 TU