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Irak

Qui se cache derrière l’Armée islamique en Irak ?

L'Armée islamique en Irak a déjà revendiqué l'assassinat de plusieurs ressortissants étrangers.
L'Armée islamique en Irak a déjà revendiqué l'assassinat de plusieurs ressortissants étrangers.
La mobilisation sans précédent du monde arabo-musulman pour la libération des deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot aux mains de l’Armée islamique en Irak, a braqué les projecteurs sur ce groupe relativement récent sur la scène irakienne. Des informations contradictoires circulent toutefois sur ce mouvement qui, s’il reste peu connu des services de renseignement, n’en a pas moins montré qu’il était capable du pire comme l’a révélé l’exécution du reporter italien Enzo Baldoni.

Une apparition récente. Considérée comme l’un des groupes de preneurs d’otages les plus violents apparus depuis la chute du régime de Saddam Hussein, l’Armée islamique en Irak n’a que quelques mois d’existence. Son apparition remonterait, selon certaines sources, à février dernier, date à laquelle un film de propagande distribué dans les cercles salafistes de Bagdad aurait annoncé sa naissance. Pour sa première revendication, le groupuscule aurait choisi d’assumer la paternité de l’assassinat le 31 mars dernier des quatre agents de sécurité américains lynchés à Falloujah. Les corps de deux des victimes avaient été mutilés et exhibés dans les rues de cette ville devenue le symbole de la résistance sunnite à l’occupation américaine. D’autres sources estiment au contraire que l’apparition de ce groupe terroriste serait beaucoup plus récente et remonterait au début de l’été. L’Armée islamique en Irak aurait ainsi assis sa renommée avec l’enlèvement début juillet du camionneur philippin Angelo de la Cruz, qui a fini par être libéré après que Manille eut accepté de retirer d’Irak son petit contingent d’une cinquantaine de soldats qui se consacraient essentiellement à des tâches humanitaires. Elle serait revenue sur le devant de la scène avec l’assassinat fin juillet de deux ouvriers pakistanais –leur seul tort était de travailler pour les Américains– et avec plus récemment le meurtre du journaliste italien Enzo Baldoni lié au refus de Rome de retirer son contingent d’Irak. Le groupe détiendrait toujours en otage un diplomate iranien enlevé il y a une vingtaine de jours. Ses ravisseurs réclament la libération de quelque 500 soldats irakiens qui seraient détenus par Téhéran depuis la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988.   

Une structure parfaitement organisée. A en croire les services du renseignement italien, l’Armée islamique en Irak disposerait de moyens non négligeables et d’une structure parfaitement bien huilée. Elle serait divisée en plusieurs branches dont une aile militaire chargée de l’enlèvement des étrangers et de leur maintien en détention. L’aile stratégique gérerait pour sa part l’aspect médiatique. C’est elle en effet qui aurait en charge l’écriture des communiqués et la réalisation des enregistrements vidéos des otages qu’elle livre ensuite aux télévisions et médias arabes. Chacune de ces branches serait en outre divisée en cellules d’une dizaines d’activistes tout au plus. Cette organisation aurait été confirmée par les témoignages du camionneur philippin Angelo de la Cruz, seul rescapé d’une prise d’otage orchestrée par ce groupe. Elle correspond en outre à celle présentée dans le film de propagande distribué début février dans les milieux radicaux sunnites de Bagdad. Dans cette vidéo, le groupe se présente comme disposant d’une structure extrêmement hiérarchisée, composée de plusieurs «brigades» spécialisées –renseignement, infanterie et missiles– toutes centralisées par un «commandement général». Il évoque également son «unité de propagande» qui a à son actif la vidéo de présentation du groupe où sont montrées de longues scènes d’opérations militaires ponctuées d’appel à la guerre sainte.

Très peu d’étrangers. L’Armée islamique en Irak serait bien implantée dans les régions sunnites situées autour de Bagdad. Le groupe opérerait essentiellement dans le secteur de Latifiya mais aurait également des antennes dans la région occidentale d’al-Anbar, dans des villes comme Falloujah et Ramadi, et au sud de la capitale irakienne vers Mahmoudiya et Iskandariya. Il serait essentiellement composé d’Irakiens sunnites, obéissant à la doctrine orthodoxe wahhabite. Violemment anti-chiite, le mouvement ne compterait dans ses rangs que très peu d’étrangers, ce qui renforce son image d’organisation secrète, parfaitement dissimulée au sein de la population. Les services de renseignement italiens disposeraient toutefois de la liste d’une dizaine de ses membres présumés et de cinq photographies les identifiant. L’Armée islamique en Irak travaillerait en outre en collaboration avec des bandes crapuleuses qui lui revendrait les otages étrangers capturés, ce qui lui évite d’organiser elle-même les enlèvements et donc de se mettre à découvert.



par Mounia  Daoudi

Article publié le 01/09/2004 Dernière mise à jour le 02/09/2004 à 06:54 TU