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Liban

Rafic Hariri tué dans un attentat

L'ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, était âgé de 60 ans.(photo: AFP)
L'ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, était âgé de 60 ans.
(photo: AFP)
L’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, a été tué lundi en fin de matinée dans un attentat à la voiture piégée. L’explosion est survenue sur le passage de son cortège dans un quartier de Beyrouth situé en bord de mer.Selon un bilan encore provisoire, cet attentat a tué au moins neuf autres personnes, dont deux anciens ministres, et fait une centaine de blessés.

Scènes de guerre à Beyrouth… Les images retransmises par les télévisions libanaises attestent de la violence de l’explosion qui a soufflé lundi en fin de matinée un quartier de l’ouest de la capitale, bondé en cette heure de la journée. Les dégâts provoqués sont énormes. Un cratère de plusieurs mètres a été creusé dans la chaussée et des pans de murs de bâtiments ont été totalement détruits. Une épaisse colonne de fumée noire s’élevait des lieux de l'explosion et des flammes de plusieurs mètres de haut ont empêché dans un premier temps les secours d'approcher des victimes prises au piège des voitures en feu.

Une explosion a dévasté un quartier de l'ouest de Beyrouth au moment du passage du convoi de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.
(photo :AFP)
Selon des agents de sécurité présents sur les lieux de l'attentat, l'explosion serait vraisemblablement due à une voiture bourrée d'explosifs. Elle a été déclenchée sur le passage d’un convoi de limousines dans lequel se trouvait l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Très grièvement blessé, l’ancien homme fort a été évacué d’urgence vers l’hôpital de l’université américaine de Beyrouth. Sa mort a été annoncée peu après par des télévisions libanaises citant un employé de cet établissement. L’information a été confirmée un peu plus tard en début d’après-midi par l’agence officielle d’information ANI.

Deux anciens ministres également tués

Agé de soixante ans, Rafic Hariri avait fait fortune en Arabie saoudite avant de s’engager en politique et de diriger cinq gouvernements au Liban entre 1992 et 2004. Ce musulman sunnite avait présenté en octobre 2004 la démission de son gouvernement et était passé dans les rangs de l'opposition. Il était pourtant sorti grand vainqueur avec ses alliés des dernières législatives en 2000 où il avait rassemblé autour de son nom une écrasante majorité de députés (107 sur 128). Mais les pressions exercées par Damas pour reconduire à la tête de l’Etat libanais le président Emile Lahoud ont eu raison de son gouvernement. Tombé en disgrâce, Rafic Hariri  avait récemment encore apporté son soutien aux appels de l'opposition réclamant le départ des troupes syriennes avant les élections attendues en mai.

Deux autres anciens ministres, Samir al-Jisr et Bassel Fleihane, ont également été tués dans l’explosion de la voiture piégée qui a coûté la vie à neuf personnes au total. Cet attentat s'inscrit dans un contexte de fortes tensions politiques au Liban et en Syrie, deux pays actuellement soumis à de fortes pressions américaines. Il intervient alors que le Liban se prépare en effet à un scrutin législatif et que Damas est accusé par les Etats-Unis de soutenir le terrorisme.

Assad dénonce un «terrible acte criminel»

Premier à réagir, le président syrien Bachar al-Assad a dénoncé «un terrible acte criminel». Selon un communiqué diffusé par l’agence officielle syrienne SANA, «le gouvernement et le peuple syriens se placent aux côtés du Liban frère dans cette situation dangereuse et adressent à la famille de M. Hariri ainsi qu'aux familles des victimes leurs sincères condoléances».

Le Premier ministre libanais, Omar Karamé, s'est rendu sur les lieux de l'explosion, de même que d'autres députés qui ont interrompu une séance du parlement. Le chef de l’Etat, Emile Lahoud, devait présider dans l’après-midi une réunion du Conseil supérieur de défense, une instance formée des chefs de tous les organes de sécurité du pays. L’attentat perpétré contre le cortège de Rafic Hariri pourrait bien être le plus violent commis à Beyrouth depuis la fin de la guerre civile en 1990. En mai 2002, un attentat avait déjà coûté la vie à Mohamed Djihad Ahmed Djibril, chef militaire et fils d'Ahmed Djibril, du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG). Cette même année, une bombe avait tué Elie Hobeika, membre éminent de la milice libanaise pro-israélienne impliquée dans le massacre de réfugiés palestiniens en 1982.

par Mounia  Daoudi

Article publié le 14/02/2005 Dernière mise à jour le 15/02/2005 à 11:19 TU

Audio

Hervé de Charette

Député UMP du Maine-et-Loire (49)

«On voit bien que le pouvoir libanais actuel redoutait la capacité qu'avait Rafic Hariri de gagner ces éléctions (législatives du mois de mai)»

Frédéric Domont

Correspondant de RFI à Beyrouth

«Des manifestants se sont rassemblés devant le domicile de l’ancien Premier ministre.»

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