Editorial sports
La semaine dernière, je vous parlais d’élections présidentielles à venir et du duel entre Michel Platini et Lennart Johanson pour le poste de numéro un de l’Union Européenne de Football (UEFA).
Cette semaine je voudrais vous entretenir d’une autre élection présidentielle qui vient d’avoir lieu. Et qui me paraît exemplaire.
Si vous le voulez bien, nous allons nous déplacer en Afrique de l’Ouest. Plus précisément, au Togo. Vous vous souvenez peut-être que les joueurs de ce pays, qui participaient pour la première fois à la Coupe du monde en 2006, avaient menacé de ne pas disputer le premier match contre la Suisse, faute d’avoir reçu leurs primes. C’est peu dire que la FIFA avait peu apprécié cette grave atteinte portée à l’image de sa compétition.
Pour résoudre la crise elle avait fait une avance de trésorerie à la fédération pour qu’elle puisse distribuer sa part à chacun des joueurs. Au mois de novembre, elle avait envoyé deux émissaires à Lomé afin de réclamer des changements à la fédération. En clair, la FIFA ne mettait pas en accusation les joueurs mais les dirigeants. Il fut alors convenu de procéder à un renouvellement au sein de l’association et à des élections. Il a eu lieu, précédé par un vrai climat de campagne électorale. En effet, l’ensemble des Togolais s'est senti concerné par cette affaire et a réclamé (en le disant ou sans le dire), le départ du président, candidat à sa propre succession. Un débat fut organisé quarante-huit heures avant le vote par la télévision nationale dans la fièvre qu’on imagine.
On pouvait avoir quelque inquiétude sur le déroulement du scrutin en raison de la personnalité d’au moins deux des candidats : un ancien Premier ministre et, plus encore, le colonel Rock Gnassingbé, fils de l’ancien président du Togo et frère aîné de l’actuel chef de l’Etat. Et bien, ce curriculum vitae, qui en d’autre temps se serait suffi à lui-même, a été balayé par le corps électoral.
Sur les 46 votants, les deux hommes que je viens de citer n’ont pas recueilli, à eux deux, la moitié des suffrages. C’est un homme nettement moins connu, âgé d’une quarantaine d’années, qui a emporté la décision. La preuve que tout est possible et qu’il n’y a pas de fatalité. Ces élections, chapeautées par la FIFA et par la Confédération africaine de football ont été exemplaires. Chacun s’est déterminé librement, sans d’autre contrainte que celle de remettre en place un édifice dangereusement ébranlé par une guerre des primes qui a sévèrement écorné la crédibilité du pays.
Non, on ne bafoue pas impunément l’image de la FIFA. L’ancien président de la Fédération togolaise de football l’a appris à ses dépens. Démocratiquement il a, en quelque sorte, été sommé de passer la main. La politique ne sort pas toujours victorieuse du débat sinon du déballage sportif.
par Gérard Dreyfus
[13/01/2007]
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