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Chronique Médias

L’audiovisuel extérieur de la France est en pleine recomposition

Amaury de Rochegonde
Amaury de Rochegonde
Deux pays ont annoncé, mi-janvier 2009, une refonte complète de leur stratégie audiovisuelle extérieure : c’est la Chine et la France. La Chine, tout d’abord, promet de consacrer 5 milliards d’euros à un ambitieux programme d’expansion de ses médias à l’étranger. CCTV, la Télévision Centrale chinoise, prévoit de lancer en septembre 2009 une chaîne en arabe puis une autre en russe, deux ans après avoir commencé à émettre en espagnol et en français. Cette stratégie d’expansion par les langues vise à assurer la propagande du Parti communiste chinois et à vanter les réussites économiques, autrement dit la puissance nouvelle de la Chine.

De son côté, l’Agence Chine nouvelle prévoit d’implanter de nouveaux bureaux dans le monde tandis que le quotidien Global Times mise sur une version en anglais.

Qu’en est-il maintenant de l’audiovisuel extérieur de la France qui prend forme ? Eh bien, il semble qu’on pense là beaucoup plus global que local. Un accord avec l’opérateur de télécoms Orange en témoigne : c’est sur Internet et sur le téléphone mobile de bientôt treize pays qu’on pourra retrouver France 24 et RFI.

Comme dit Christine Ockrent, la directrice générale de l’Audiovisuel extérieur de la France, cet accord va permettre d’épouser « une formidable accélération technologique qu’on doit considérer comme une opportunité et non comme une source de lamentations ». Et pourtant, des lamentations il va bien y en avoir. Non pas, bien sûr, en raison de cet accord mais peut-être à cause de cette vision globale qui est en train de se mettre en place à RFI, à France 24 et peut-être demain à TV5. On le sait, elle passe par un recours accru au multimédia, et donc à des développements sur Internet, mais elle passe aussi par la suppression des émissions dans des langues nationales aussi importantes que l’allemand, le turc, le polonais ou le serbo-croate.

Immanquablement, cela se traduit par des suppressions d’emplois. Au total, 206 postes sont concernés à RFI, dont une centaine de journalistes principalement dans les rédactions en langues étrangères. Sur un millier de salariés, c’est 20 % de l’effectif qui est touché, ce qui est très important si l’on compare aux grands médias internationaux privés comme Associated Press qui vient d’annoncer la suppression de 10 % de ses effectifs. Alors tout ça pour quoi ? La direction invoque un déficit de 8 millions d’euros, la très faible écoute de certains programmes, et la nécessité de se redéployer. On peut juste souhaiter que ce ne soit pas pour imposer une vision globale des leaders d’opinion au détriment des approches locales...


par Amaury  de Rochegonde

[17/01/2009]

Cette chronique a été réalisée en partenariat avec l'hebdomadaire Stratégies.

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