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Chronique des matières premières

Manger ou conduire moins cher, il faut choisir

Dominique Baillard 

		(Photo : RFI)
Dominique Baillard
(Photo : RFI)
Sans l’essor des biocarburants, la facture alimentaire serait plus légère, celle des produits pétroliers en revanche serait beaucoup plus lourde. De 15 % selon une étude publiée en mars 2008, avant les récents pics du brut. L’Agence internationale à l’Energie constate qu’il faudrait produire un million de barils de pétrole de plus par jour, pour remplacer les agrocarburants actuellement consommés dans le monde.

A court et à moyen terme, éthanol et biodiesel demeurent incontournables, selon leurs partisans. C’est-à-dire tant que le pétrole vaudra plus de 100 dollars le baril, et tant qu’aucune autre source d’énergie de substitution n’aura été découverte pour faire rouler les voitures. Certains pays pétroliers en sont convaincus, l'Angola et le Nigeria importent de l'éthanol brésilien.

En écho à la hausse record du brut, le marché de l’éthanol a frémi, mais les gains sont modestes car le marché du sucre dont il dépend est plutôt baissier : la récolte de la canne qui démarre au Brésil devrait être abondante tout comme celle de l’Inde, l’autre poids lourd du marché. En Europe, les résistances sont tenaces. A l’inertie de la France qui s’équipe au ralenti en pompes à biocarburant, s’ajoute aujourd’hui la ferme opposition de plusieurs pays. L'Italie vient de décider d’un moratoire sur la production de cinq ans. La Grande-Bretagne réfléchit à une politique similaire.

Pendant ce temps, les promoteurs d’un marché mondial de l’éthanol poursuivent discrètement leurs négociations. Le premier exportateur au monde d'éthanol, le Brésil, désespérait d’obtenir de Bruxelles l’augmentation de ses quotas d’exportation, il a donc entamé des discussions discrètes avec les gros consommateurs que sont déjà l’Allemagne et la Suède, afin de mieux pénétrer leurs marchés. Pour restaurer l'image écornée de l'éthanol, une société suédoise s'est engagée à fournir de l'éthanol certifié durable à partir du mois d'août. Une première mondiale qui devrait rapidement faire des petits car les producteurs ont compris qu'il fallait que leur biocarburant soit labellisé au plus vite pour faire taire les détracteurs. A partir de cet été 2008, les automobilistes scandinaves rouleront moins cher, la conscience tranquille.


par Dominique  Baillard

[29/05/2008]

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