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Chronique Asie

Le 11 septembre n’a pas changé la face de l’Asie du Sud-Est

Le président Bush n’a que la guerre contre la Terreur à la bouche. Ses alliés d’Asie du Sud-Est s’abstiennent de le contredire publiquement mais ils n’en pensent pas moins. La lutte contre le terrorisme n’est pas leur priorité numéro un. Pour la plupart des gens, témoigne l’analyste stratégique malaisien, Noordin Sopiee, le monde est le même. Ce qui est nouveau, c’est le traumatisme américain.
Des pays, tout de même, ont manifesté plus de zèle que d’autres en matière de lutte anti-terroriste. A la faveur du 11 septembre, les très catholiques Philippines ont obtenu l’aide de conseillers américains pour épauler l’armée dans son combat contre le groupe Abou Sayyaf, rassemblant d’anciens guérilleros musulmans, reconvertis dans les enlèvements notamment de touristes étrangers.
Le Premier ministre de Malaisie, le Dr Mahathir, s’est empressé de condamner le terrorisme, retrouvant ainsi les faveurs de la Maison Blanche.

L’Indonésie, le premier pays musulman du monde par sa population, a profité de la guerre contre la Terreur du président Bush pour obtenir en principe la reprise de la coopération militaire, interrompue après les exactions de l’armée au Timor oriental.
Singapour, la cité-état en majorité chinoise, pourtant très contrôlée, a découvert avec stupeur et inquiétude qu’elle avait bien failli être le théâtre d’une campagne d’attentats visant les intérêts américains et ses infrastructures. De quoi faire mettre en péril sa prospérité comme plaque tournante des affaires.

Les attentats du 11 septembre et la mobilisation américaine pour obtenir l’appui de ses alliés n’ont pas changé la donne en Asie du Sud-Est. Mais ils ont donné un coup d’accélérateur aux coopérations déjà amorcées en matière policière, notamment dans les domaines de la lutte contre les stupéfiants et de la piraterie maritime. Cependant, ces efforts restent modestes. La coopération anti-terroriste n’implique pas les dix états membres de l’Association des Nations du Sud Est asiatique, mais seulement trois d’entre eux : la Malaisie, Singapour et les Philippines.

Dans ce contexte la signature, le 1er août, d’un pacte anti-terroriste entre l’ASEAN et les Etats-Unis aura au moins le mérite d’élargir ces échanges de renseignements. Mais il y a encore un gouffre entre les effets d’annonce et la réalité, tant les moyens d’investigation sont limités.

par Hélène  Mendes Da Costa

[05/09/2002]

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