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Chronique Asie

La guérilla oubliée des Papous

Any Bourrier 

		(Photo: RFI)
Any Bourrier
(Photo: RFI)
Depuis le rattachement de l’Irian Jaya à l’Indonésie, en 1963, les rebelles papous de l’Organisation de la Papouasie indépendante (OPM) n’ont jamais cessé de manifester leur opposition au régime indonésien. Mais ce mouvement a connu un véritable essor au début des années 90 : des papous instruits ont exprimé publiquement leur hostilité à l’Indonésie dans les grandes villes, comme Jayapura, la capitale, Biak, Sorong, ainsi qu’à Jakarta.

En juillet 1998, pour la première fois, 300 étudiants papous ont manifesté devant l’immeuble des Nations unies, dans la capital indonésienne. Quelques semaines plus tard des dirigeants papous ont demandé publiquement l’indépendance au président Habibie.

Comment expliquer que le séparatisme des Papous reste si vivace aujourd’hui ? Il prend sa source dans les dernières années de l’époque coloniale néerlandaise, entre 1950 et 1962. Tandis que l’Indonésie choisit la voie diplomatique et en appelle aux Nations unies pour reprendre le contrôle de la province, les Pays-Bas accélèrent le développement économique et politique du territoire. Leur objectif : présenter la Nouvelle-Guinée occidentale comme un Etat viable pour dissuader les pays tiers de soutenir la politique de conquête de Jakarta. Les Pays-Bas créent alors des partis politiques et proposent aux dirigeants papous de devenir membres d’un Comité National. Ils autorisent la création de symboles de la démocratie comme le drapeau «Etoile du matin», et l’hymne intitulé «Bonjour à notre terre papoue»

L’Indonésie finit par annexer la Papouasie en 1969. Pour rendre cette annexion irréversible, Jakarta a encouragé l’installation de migrants en provenance des grandes îles de l’archipel et a soumis les Papous à des multiples discriminations. Une attitude qui a renforcé le sentiment séparatiste et les tensions inter-communautaires.

Aujourd’hui, quatre ans après les massacres du Timor Oriental, une nouvelle tragédie se prépare dans l’Archipel. Car pour la présidente Megawati Sukarnoputri l’appartenance de l’île à la République n’est pas négociable, pour des raisons à la fois politiques, économiques et culturelles. Politiques, car les indonésiens estiment que cette indépendance ouvrirait la voie à un éclatement total de la République. Economiques, car la Papouasie dispose de richesses naturelles considérables, notamment l’or, le cuivre et le bois. Culturelles, enfin, car la plupart des indonésiens portent un regard ouvertement raciste sur les papous, qu’ils considèrent comme des sauvages qu’il convient de mater.

par Any  Bourrier

[01/12/2003]

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